Un article dans le journal Le monde me fait revenir sur mon billet que j'avais écrit il y a deux ans sur les tranches d'imposition sur le revenu. En fait le gouvernement va supprimer la première tranche d'impôt qui est actuellement à 5,5% et qui concerne le revenu compris entre 6011 et 11991 euros. Dans l'article on peut lire:

Deux solutions possibles apparaissaient : la première, qui semble n'avoir pas été retenue, consistait à n'accorder la suppression de la tranche de 5,5 % qu'aux contribuables qui se situent uniquement dans ce seuil d'imposition, autrement dit dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 11991 euros. Le barème ne changerait pas pour les autres contribuables. [...]

Mais évidemment, cette méthode n'est pas une solution ! Car cela signifierait que l'impôt ne serait plus une fonction continue du revenu: celui qui gagne 11991 euros paie 0 euro d'impôt et celui qui gagne 11992 euros paie 329 euros d'impôt (les 5,5% sur 11991-6011 = 5980 euros).
Il est bizarre que l'auteur de l'article ne mentionne pas cela car quelques lignes plus haut il affirme justement que l'impôt ne présente pas de saut et c'est la raison pour laquelle on ne peut pas modifier ou supprimer une tranche uniquement pour ceux dont le revenu se situe dans cette tranche.

Voir aussi la fin du billet de David Madore qui explique pourquoi à cause des arrondis il peut être avantageux pour un couple de ne pas avoir une déclaration commune lorsque les deux revenus sont dans la même tranche:

Nous sommes dans la même tranche (la tranche à 30% marginal), et dès que c'est le cas, comme la fonction d'imposition est (continue) affine par morceaux, on ne gagne rien à moyenner les revenus. On peut juste gagner, ou dans notre cas perdre, 1€ pour des histoires d'arrondi. (Ce serait sans doute une meilleure idée de faire de la fonction d'imposition une fonction C¹ quadratique par morceaux, strictement croissante et strictement convexe…)