Math 'O Man : le Blog des Maths

Une génération dyslexique en maths




Je me rappelle qu'une fois, en plein concert à la Philharmonie de Munich, le pianiste Alfred Brendel interrompit son jeu car le public qui toussait. Il se retournait vers la salle et disait : "Die Grundlage der Musik ist die Stille." Traduction : la base de la musique c'est le silence.

J'aimerais adapter cette phrase aux mathématiques : "La base des mathématiques c'est le calcul". Et je pense au calcul le plus simple, les opérations élémentaires qui devraient être maîtrisées par tous les citoyens d'un pays moderne (à l'exception de quelques rares personnes souffrant d'une sorte de dyslexie des nombres) : addition, soustraction, multiplication et division. Si les élèves ne savent plus calculer, le professeur devrait arrêter son cours, comme Alfred Brendel, et le reprendre plus tard...

Autrefois, grâce à la scolarisation, le savoir progressait d'une génération à l'autre
Dans cet extrait de film des années cinquante un représentant essaie en vain de dissuader Ma and Pa Kettle que 25 divisé par 5 donne 14.

Aujourd'hui c'est le récul: beaucoup de bachéliers ne savent plus calculer
Lorsque j'enseignais en deux classes de terminale ES dans un lycée en région parisienne, j'étais confronté à un problème majeur : le programme du baccalauréat porte sur les dérivées et les intégrales, les logarithmes et les exponentielles. Or la majorité de ces élèves en terminale ne connaissait pas les règles élémentaires de calcul, beaucoup confondaient l'addition avec la multiplication et la soustraction avec la division. Voici un florilège extraits de quelques copies de bacs blancs :

Confusion entre division et soustraction

Confusion entre multiplication et division

Grande confusion des opérations de base

Non-compréhension d'une égalité                Difficultés avec les fractions

Tout ça pourrait faire rire si ce n'étaient que quelques cas isolés. Mais ce type d'erreurs n'est plus exceptionnel, il est devenu la règle (voir mes statistiques). Il semble qu'aujourd'hui il est impossible de demander à un élève en terminale d'effectuer un calcul élémentaire sans faire d'erreur. Le nombre d'élèves acceptés en première (même en section S) et qui ne connaissent pas la table de multiplication est légion.

Le roi est nu
Certains diront que tout cela n'a pas d'importance car les mathématiques n'interviennent que peu dans notre vie quotidienne et que d'autres facilités sont plus déterminantes pour bien réussir dans la vie. Peut-être. Je serais le dernier à exiger que tous mes co-citoyens connaissent les logarithmes et les intégrales. Mais ce qui me gêne beaucoup c'est que le calcul élémentaire n'est pas acquis et qu'en même temps on habitue les élèves à utiliser un langage de bois mathématique qui prétend qu'il y a une compréhension des objets impliqués tandis qu'au fond rien n'est compris. Sous un splendide manteau de termes savants (intégrales, limites, théorème des valeurs intermédiaires, etc.), le roi est nu ! C'est digne des Impostures intellectuelles à la Sokal-Bricmont...
Evidemment il est impossible, en dernière année de lycée, de rattraper avec des cours de soutien toutes ces bases manquées. Soit on fait les choses correctement dès le départ, soit on ne les fait pas, c'est-à-dire on élimine des programmes scolaires le calcul supérieur avec les fonctions.

Ci-dessous un dernier exemple qui me rend heureux et triste à la fois — triste car cet élève ne maîtrise pas du tout le programme du collège (règles de calcul avec les fractions), et heureux car il a appris ce que je lui enseignais en terminale (règles de dérivation). Mais en fin de compte, quelle est la valeur de ses connaissances en calcul différentiel s'il ne sait pas simplifier correctement la fraction qu'il obtient ?

La question posée était de dériver la fonction f(x)=x-\ln(4x-2). Voici sa réponse :

Simplification d'une fraction



Partagez-le sur Facebook Tweetez-le ! S'abonner à ce blog ? Envoyer cet article à un ami ? Le soumettre à Netvibes Ajoutez-le à Google Bookmarks

Commentaires


1. Le dimanche 19 octobre 2008 à 21:26, par ponky

Intéressant mais sans les deux fautes de grammaire et d'orthographe dans le premier paragraphe la forme ne viendrait pas confirmer le fond ...

2. Le dimanche 19 octobre 2008 à 22:17, par Mathoman

Merci, c'est corrigé maintenant !

3. Le samedi 16 mai 2009 à 12:55, par S. B.

Bonjour!

Entre autres lectures intéressantes proposées par votre site, la petite merveille qu'est la vidéo de Ma and Pa… m'a ravie. Pouvez-vous me communiquer la référence précise du film dont il s'agit?

Bien cordialement
S. B.


4. Le samedi 16 mai 2009 à 12:57, par MathOMan

C'est Pa and Ma Kettle, une série très populaire aux Etats-Unis des années quarante et cinquante. Au départ c'était une bande desinnée, puis Hollywood l'a adaptée en série de films. Malheureusement je ne peux pas vous dire de quel épisode il s'agit :

  • The Egg and I - 1947
  • (The Further Adventures of) Ma and Pa Kettle - 1949
  • Ma and Pa Kettle Go to Town - 1950
  • Ma and Pa Kettle Back on the Farm - 1951
  • Ma and Pa Kettle at the Fair - 1952
  • Ma and Pa Kettle on Vacation - 1953
  • Ma and Pa Kettle at Home - 1954
  • Ma and Pa Kettle at Home - 1954
  • The Kettles in the Ozarks - 1956
  • The Kettles on Old MacDonald's Farm - 1957

5. Le mardi 1 septembre 2009 à 12:12, par Sagittarius

Bonjour,

Je découvre ce blog en tant que parent d'un enfant en CM2.

Fichtre ! Moi qui ai abandonné les maths il y a plus de vingt ans, je constate les horreurs documentées.

Par curiosité, j'ai téléchargé le sujet de la série S.

Re-fichtre ! Courbe dessinée, absence d'un bon problème d'algèbre. C'est pourtant loin, mais je me souviens d'un problème portant sur un espace vectoriel de suites réelles dont on sortait, victorieux en quelque sorte, avec fierté.

Actuellement, je ne sais si l'on en retirera un peu de cette joie à la résolution.

Pour se remonter le moral, je vais aller écouter Brendel et les souffleurs germaniques dans les quintettes pour piano et vent de Mozart et Beethoven ;-)

Sei mir gegrüsst.


6. Le jeudi 5 août 2010 à 20:31, par Timothée

Les profs de maths ne se rendent décidément vraiment pas compte ! La logique mathématique n'est pas donnée à tous; pour des personnes comme moi, c'est avant tout la mémoire qui doit se charger d'enregistrer les règles mathématiques; une fois celles-ci oubliées - et cela arrive forcément un jour, au vu de la quantité d'enseignements accumulée - le raisonnement est extrêmement compliqué à re-réaliser par soi-même.

Alors, la condescendance des profs de maths, franchement ça commence à bien faire; pour miner un élève il y a rien de mieux. Car oui les maths sont une discipline importante, mais c'est dans cette discipline même que s'exprime le mieux l'inégalité des facultés intellectuelles entre personnes.
Oui les maths sont le meilleur moyen de classer les gens, du moins le plus logique, scientifique, mathématique. Mais quel intérêt à un pareil élitisme ? Le mérite n'est pas là, il n'y a que l'orgueil. Donc non, pour moi ça n'est pas par les maths que l'on s'accomplit; et c'est justement l'accomplissement qui compte vraiment, s' il faut classifier c'est bien à partir de la démarche "existentielle", et certainement pas à partir d'une faculté intellectuelle, bien que son exploitation soit tout à fait respectable. Les chiffres, la logique sont la base de nombreuses choses, galérer en mathématiques n'est pas le signe d'une piètre intelligence, et rendez-vous enfin compte profs de maths que même si pour vous ça en a l'air (et je comprends très bien) ça ne va pas de soi !

Bref, ceci dit heureusement qu'il y a des profs de maths, ça n'est pas que je les méprise, mais si extraterrestres il y a, c'est bien vous, pas par le fait de maitriser les maths bien sûr, mais par le fait d'envisager les rapports humains par les 1 et les 0 ! Damned

Comme toute réaction, la mienne était assez impulsive, et bien qu'un minimum réfléchie, peut-être mal construite et sans trop de recul; je l'espère cependant intelligible.

Bien cordialement,

Timothée


7. Le dimanche 29 août 2010 à 17:27, par Belos

Timothée, si j'ai bien compris, le sujet de ce billet porte sur le calcul...
Le calcul n'est pas seulement une composante des mathématiques, il est aussi nécessaire dans la vie de tous les jours !

Qu'une personne n'arrive pas à dériver, pourquoi pas, elle ne fera pas des études de maths ce n'est pas grave, il faut de tout pour faire des maths.

Par contre qu'une personne ne sache pas calculer, là c'est dangereux... Pour elle et pour les autres ! Et ce n'est pas des maths difficiles !

Si on prend des exemples issus de ce billet, écrire que 5 \times \dfrac{1}{2} = \dfrac{5}{10} ou 750*40 = 18,75, ce n'est pas un problème d'avoir une logique matheuse ou non, c'est un problème de non compréhension du calcul !

Dans la vie de tous les jours, comment cette personne pourra-t-elle acheter des choses si elle ne sait pas calculer ?


8. Le mercredi 1 septembre 2010 à 19:49, par un prof de math compréhensif

Belos tu exagères, il n'y a rien de "dangereux" à ne pas savoir calculer. Avec une bonne calculatrice on s'en sort toujours.

Tu me répondras : "oui mais Timothée risque de se faire avoir dans la vie de tout les jours". Certes tout comme on peut se faire avoir par méconnaissance des lois ou règlements de la vie courante. Tout le monde ne peut pas être juriste et tout le monde ne peux pas être mathématicien.

Timothée, ne prend pas garde aux Aiatolas, il y en a partout. En math bien sûr, mais aussi en français avec les débats sans fin et sans fond sur l'orthographe, en histoire sur l'importance fondamentale de connaitre toute la chronologie des rois de france. En fait, si tu réfléchis bien, il y a des extrémistes dans toutes disciplines. Prend le meilleur de ce qu'ils peuvent te donner et passe ton chemin devant les donneurs de leçons.


9. Le vendredi 10 septembre 2010 à 18:01, par MathOMan

@ prof de maths compréhensif : vous dites qu'avec une bonne calculatrice on s'en sort toujours. C'est faux comme montrent mes exemples (voir le premier exercice "calcul de prix"). D'ailleurs vous devriez le savoir et donc je ne peux pas croire que vous êtes vraiment prof de maths.

@ Timothée : vos réactions ne concernent pas le sujet de mon billet. Je ne me moque pas des élèves mais je me plains d'un système qui enseigne des "choses savantes" à des élèves qui, pour divers raisons, ne connaissent plus les fondamentaux et donc ne comprennent en fait rien de ce qu'ils apprennent.

Je ne veux pas que "tout le monde devienne mathématicien", je veux seulement qu'on dise A avant de dire B. Enseigner le calcul des intégrales à des élèves qui ne savent pas calculer l'aire d'un rectangle, c'est du gâchis de temps et d'argent. C'est du brassage d'air qui fait croire aux élèves, aux parents et à la société en général qu'on avance tandis qu'en réalité on recule — ou, pour être plus nuancé (heureusement il existe encore des classes où on apprend toujours correctement) : en donnant le bac à tous ces jeunes l'Éducation Nationale fait croire que la démocratisation de l'enseignement est réussie alors que ce n'est pas vrai.

A mon avis il faut enseigner même moins les mathématiques. Le socle commun doit être acquis par tous, mais le calcul intégral ne doit être appris que par ceux qui sont prêts à l'apprendre..


10. Le samedi 11 septembre 2010 à 23:56, par Alexandre VASSORT

Je suis tout à fait d'accord avec ce qui est souligné dans ce billet (et heureusement qu'il y a un élève qui a apparemment réussi tous les exercices).

En exemple que le calcul n'est plus maitrisé, mais pire est presque dénigré, il suffit de regarder la nouvelle publicité pour la marque aux deux chevrons :

" Pierre achète une voiture neuve dont le prix est \displaystyle{\sqrt{72400}\ \mathrm{euros}-\frac{1}{3}\times 2427}, bien.
Paul, lui achète un modèle à \displaystyle{4539\ \mathrm{euros}\times \pi^2}, auquel il doit ajouter la TVA à 19,6, d'accord, et soustraire une prime proportionnelle à son âge sachant qu'il a 57 ans. Alors, dire qui de Pierre ou de Paul fait la meilleure affaire. Vous avez quatre heures. "

Bon, au-delà du fait que c'est totalement ahurissant de voir un tel énoncé (à remarquer que Pierre achète une voiture dont le prix est négatif, à savoir qu'on lui donne de l'argent pour qu'il prenne la voiture *rires*), 4 heures pour quelques calculs sans grande difficulté (opérations dans \mathbb R) c'est vraiment symptomatique du rapport de la société avec le calcul et de ce qui est pointé de ce billet. Petite remarque en plus : le coefficient de proportionnalité n'est même pas précisé, à croire que ceux qui ont écrit cette publicité ont juste pioché des mots mathématiques dans un dictionnaire...


11. Le lundi 13 septembre 2010 à 08:41, par un prof de math compréhensif

@mathoman : Incroyable cette agressivité! je m'adressait à Belos au sujet de mathématiques de tout les jours, c'est à dire pour l'essentiel des aditions et parfois des multiplications donc parfaitement réalisables par une calculatrice.

D'autre part le propre de la pédagogie c'est la répétition. Le fait d'oublier une règle, même élémetaire, est naturel si on ne l'a pas appliqué depuis longtemps (après 2 à 3 mois de vacances d'été par exemple!) Le cerveau a besoin d'être rafraîchi. Et d'ailleurs, on se rend vite compte qu'une règle déjà apprise est d'autant plus vite retrouvée qu'elle a été travaillée. Or en ce qui concerne les classes ES, on sait que les mathématiques ne sont pas leur point fort. Il faudra donc y passer d'avantage de temps pour la rappeler et ne pas crier des hurlements d'effraie.


12. Le lundi 13 septembre 2010 à 09:54, par JLT

Dans la vie de tous les jours, les connaissances de niveau CM2 dans toutes les matières (non seulement les maths, mais aussi le français ou l'histoire-géo) suffisent la plupart du temps. Savoir simplifier une fraction, savoir ce qu'est la révolution française, avoir lu des livres de Victor Hugo sont inutiles dans la vie courante.

Par contre, on utilise des notions plus avancées en maths (ou dans d'autres matières) également dans sa vie professionnelle. Dans cet article, il s'agit d'élèves de terminale ES (Economique et Sociale). On peut supposer que ceux-ci ont besoin de comprendre ce qu'est un taux d'intérêt, un taux d'inflation, un PIB, et même des choses bien plus compliquées. Je ne peux pas croire que ces notions sont vraiment bien comprises si les maths de niveau collège ne sont pas bien assimilées.

A qui la faute? Aux parents, aux élèves, aux professeurs, aux programmes de collège, aux programmes d'école primaire, aux programmes de maternelle, à la société, à la télé, aux iPods, aux téléphones portables, au manque de crédits, au président de la république? Vaste débat, sur lequel je ne tenterai pas de trancher.


13. Le vendredi 17 septembre 2010 à 15:43, par MathOMan

@ Vassort et JLT : Merci pour vos interventions.

@ un prof de math compréhensif : Je ne vois pas d'agressivité de ma part, je pensais d'avoir répondu sobrement. N'est-ce pas le cas ?

Si je lis bien votre commentaire du 1er septembre, vous comparez des enseignants comme moi à des "ayatollahs extrémistes" (ça, en revanche, serait plutôt agressif). Je pense que vous et Thimotée, vous n'avez pas compris (ou ne pas lu assez attentivement) le contenu du billet. L'apprentissage des bases du calcul, ce n'est pas une exigence extrémiste ! Vous mettez tout dans le même sac : l'oubli pendant les vacances de certaines règles (comme la dérivation d'un quotient) — c'est excusable — et la non-maîtrise de concepts fondamentaux (comme le calcul d'aire d'un rectangle, la règle des trois, savoir ce que c'est une multiplication) — qui n'est pas excusable. Comme tout concept de base (savoir nager, savoir distinguer entre un verbe et un adjectif), ces notions ne s'oublient jamais, pourvu qu'elles ont été apprises et exigées correctement le moment quand il fallait, c'est-à-dire au collège, bien avant la terminale.

Comme je l'écris dans mon billet je trouve dangereuse cette manie de tout niveler en ne plus faisant de différence entre le "basic stuff and the fancy stuff".

pour l'essentiel des aditions et parfois des multiplications donc parfaitement réalisables par une calculatrice
J'ai déjà dit en haut que ces calculs de prix et de pourcentage ont été réalisés avec une calculatrice. Si la machine est utilisée par quelqu'un qui n'a pas compris les bases elle ne sert à rien.
Vous trouvez ça bien qu'à la fac on ait recours à ce tableau pour le prix du café ? Et vous pensez que les têtes qui en ont besoin sont capables de comprendre l'intérêt des logarithmes et des exponentielles enseignées en TES ?

Avec une bonne calculatrice on s'en sort toujours.
Une bonne calculatrice... qu'est-ce une mauvaise calculatrice ? ;-)

JLT : A qui la faute? ... Vaste débat.
Oui.


14. Le samedi 18 septembre 2010 à 09:50, par un prof de math compréhensif

Vous aussi mathoman je pense que vous n'avez pas compris ou pas lu attentivement ma réponse du premier septembre. Lorsque je parle d'ayatollah je m'adresse à Belos (et pas à vous) qui considère comme dangereux de ne pas savoir faire des opérations élémentaires. Il est dangereux de conduire sans permis, il n'est pas dangereux de ne pas savoir additionner des fractions!

"Vous trouvez ça bien qu'à la fac on ait recours à ce tableau pour le prix du café ?"

Concernant cette phrase, je ne vois vraiment pas le rapport. Je vous rappelle qu'il est bien rare que ce soit les étudiants qui travaillent au CROUS. Bien souvent il s'agit de braves dames très compétentes mais qui n'ont pas fait d'études dépassant le collège. Cet exemple n'est absolument pas représentatif du niveau des étudiant. Cet amalgamme me semble délirant!


15. Le jeudi 11 novembre 2010 à 10:58, par MathOMan

Lorsque je parle d'ayatollah je m'adresse à Belos (et pas à vous)

A quoi je pourrais répondre que changer la direction d'un vecteur ne change pas sa longueur ;-) En tout cas, j'aime bien quand ça discute sur mon blog.

Je vous rappelle qu'il est bien rare que ce soit les étudiants qui travaillent au CROUS.

C'est vrai que je n'ai pas pensé que ce tableau pourrait être pour les employées, car il est posé sur la comptoir en direction de la clientèle.


Ajouter un commentaire

Pourquoi ne pas lire aussi :


Une statistique sur les acquis d'élèves en terminale


En complément de mon billet sur une génération dyslexique en maths voici quelques statistiques. Une analyse avec des idées sur ce qu'on peut encore sauver et sur les conséquences dans l'enseignement supérieur sera donné dans un billet ultérieur. En attendant j'invite mes lecteurs à lire l'article concernant la baisse de niveau sur le blog Mathéphysique.

L'échantillon est constitué des 54 élèves de deux classes de terminale ES d'un même lycée en 2007/2008. Les questions portent sur le calcul élémentaire et ont été posées dans un devoir sur table. L'utilisation de la calculatrice était permise.

Le taux de réussite au bac de ces deux classes était de 55% environ. Si on extrapole avec le taux de réussite au premier exercice ci-dessous, cela signifie qu'au moins 40% des 54 candidats ont obtenu le bac sans savoir interpréter correctement un prix tel qu'il est affiché dans un supermarché.

En publiant ces exemples anonymes, je ne veux pas me moquer des élèves. Nous avons tous fait des erreurs lorsque nous étions élèves, et continuons à en faire — nobody is perfect! Le problème réside dans la fréquence des erreurs (faire des erreurs doit rester l'exception et ne pas devenir la règle) et le type des erreurs (ce ne sont pas de simples erreurs de concentration).

CALCUL D'UN PRIX — 8 élèves ont réussi, taux de réussite: 15%

Calculer un prix

Faux calcul de prix (erroné)

Calculer un prix  (faux)

Calcul de prix (faux)

CALCUL DE POURCENTAGE — 24 élèves ont réussi, taux de réussite: 44%

Calculer un pourcentage

Faux calcul de pourcentage

calculer un pourcentage (faux)

Calcul d'un pourcentage (faux)

TROUVER UNE EQUATION DE DROITE — 11 élèves ont réussi, taux de réussite: 20%

déterminer l'équation d'une droite

déterminer l'équation d'une droite

trouver une équation de droite


EQUATION DE PREMIER DEGRE — 5 élèves ont réussi, taux de réussite: 9%

Résoudre correctement une équation de premier degré

Résoudre une équation de premier degré (faux)

Résoudre une équation de premier degré (faux)


SIMPLIFIER UNE FRACTION — 2 élèves ont réussi, taux de réussite: négligeable

Calculer avec une fraction double correctement

Comment ne pas calculer avec une fraction double

Calculer avec une fraction double  (faux)


Autres exemples

Remarque:
Les questions étaient regroupées comme premier exercice d'un DST. La barême était indiqué et assurait 1 point par question (sur 20 points dans le devoir complet). Dans "taux de réussite" on a compté les bonnes réponses; l'absence de réponse comptait comme une fausse réponse.

Apprendre à compter


Voici deux figures :       $  $  $  $       et       o  o  o  o .

Question :  Qu'ont-elles en commun ?   Réponse :  4.

Ce qui nous paraît évident ne l'est pas pour tout le monde. Mon ami Nik est parti un an enseigner dans une université à Tokio. C'est une période assez longue pour tenter d'apprendre le japonais ; mais ce n'est pas une langue comme les autres ! Normalement l'une des premières choses qu'on fait dans une langue étrangère, c'est apprendre à compter. Or compter en japonais n'est pas pour les débutants, c'est réservé aux avancés car on compte avec des nombres différents, selon le type d'objet.

A la base il y a deux façons de compter 1, 2, 3,... , à savoir ichi, ni, san, yon, go,... ou hito, futa, mi, yo,... — plus précisément il faut faire les distinctions suivantes :

  • des objets longs et fins (parapluies, crayons) :   ippon, nibon, sanbon,...
  • des objets plats (feuilles, tickets) :   ichi-mai, nimai, sanmai,...
  • des étages d'un immeuble :   ikkai, nikai, sankai,...
  • les mois :   ichi-gatsu, ni-gatsu, san-gatsu,...
  • les jours dans le mois :   tsuitachi, futsuka, mikka, yokka,...
  • des personnes :   hitari, futari, san-nin, yon-nin,...
  • des liquides (bières pression) :   hitotsu, futatsu, mittsu, yotsu,...

Peut-être il y a là un rélique d'une époque lointaine où on comptait encore sans avoir une idée abstraite de la notion de nombre. Savoir compter et faire abstraction des objets qu'on compte, c'est quelque chose qu'on n'invente pas, on l'apprend. C'est, comme l'invention de la roue, une acquisition culturelle : il suffit qu'une seule fois un seul humain ait l'idée puis ça se répand et se transmet de génération en génération.

L'histoire des mathématiques est pleine d'exemples de concepts simples et basiques qui ont pris des siècles pour être découverts — pourtant, expliqués clairement, ils sont compréhensibles par tous. C'est pourquoi on pourrait attendre en vain qu'un élève invente lui-même les outils nécessaires pour résoudre un problème...

Arbre généalogique de mathématiciens


Lorsque j'ai travaillé avec Gérald Calderon sur le film Origine Océan nous avons consacré une petite scène à un être unicellulaire nommé LUCA (Last Universal Common Ancestor), notre dernier ancêtre commun universel dont sont issues l'ensemble des espèces.

On peut se poser la question amusante s'il existe un LUMA (Last Universal Math Ancestor) — et pour répondre à cette question on peut s'aider d'une base de données de l'université américaine NDSU.

Il s'agit d'un arbre généalogique qui permet d'associer à chaque docteur en mathématiques du monde entier son directeur de thèse. Ainsi j'ai découvert que si je remonte six générations, je trouve parmi mes aïeux l'illustre Hermann von Helmholtz. Mais mon cousin Detlev qui a soutenu sa thèse en 2001 fait encore mieux : il est un descendant scientifique de Hilbert et donc du prince des maths Carl Friedrich Gauß !

Maths CM2


Pourquoi le nombre \pi de la formule 2\pi R pour la circonférénce d'un cercle intervient-il également dans la formule \pi R^2 pour calculer la surface d'un disque ?

Lisez ici la belle explication que Stéphane Lamy donne à sa fille en CM2.

Lundi matin: petite leçon amusante de calcul


Pour nous reveiller commençons la semaine par une petite révision de calcul! Il s'agit d'un cours amusant et pas trop difficile. Il ne faut pas avoir la bosse de maths pour le réussir, juste un peu d'imagination. Tout le monde peut y participer, car on peut le faire avec le programme de mathématiques que nous avons tous appris à l'école. Voici donc ce petit cours de maths agrémenté de quelques exercices:

Leçon et questions: Maths pour les génies (cliquez)

C'est un document powerpoint — après l'avoir ouvert utilisez les flèches de votre clavier pour avancer.

Colles 2011/2012


Feuilles de khôlles en classe préparatoire PCSI du Lycée Charlemagne à Paris pour des étudiants qui souhaitent s'entraîner.

Khôlles prépa math sup avec corrigés :

  1. Nombres complexes
  2. Nombres complexes (deuxième tour)
  3. Fonctions usuelles
  4. Fonctions usuelles et équations différentielles linéaires
  5. Géométrie en basses dimensions
  6. Géométrie en basses dimensions (deuxième tour)
  7. Courbes planes
  8. Coniques
  9. Programme mixte I
  10. Programme mixte II
  11. Nombres réels et limites
  12. Fonctions continues
  13. Fonctions continues et fonction dérivables
  14. Fonctions dérivables. Groupes
  15. Fonctions dérivables. Groupes
  16. Polynômes. Limites

Une très belle série de films sur les maths


Étienne Ghys, Jos Leys et Aurélien Alvarez ont réalisé une très belle série de films en images de synthèse sur les mathématiques. Chaque vidéo est un récit scénarisé d'un mathématicien qui raconte ses découvertes d'une manière très compréhensible. C'est bien écrit et les visualisations correspondent exactement au texte ; on prend le temps d'expliquer ce type de maths sans beaucoup de formules.

expliquer les maths
Cliquez sur l'image

Le niveau recquis des différents épisodes est très divers. Aux lycéens en terminale S je recommande l'épisode 5 qui explique de manière simple ce que c'est un nombre complexe.
En revanche, les épisodes 7 et 8 qui parlent, entre autres, de la fibration de Hopf, vont plutôt profiter aux initiés en topologie en basses dimensions.

Nouvelle rubrique "Maths pour les nuls"


Jusqu'à présent la plupart des billets de ce blog étaient consacrés à des mathématiques niveau post-bac. Mais pour répondre à une demande croissante j'ai ouvert une nouvelle catégorie intitulée Les maths pour les nuls. Son but est d'expliquer quelques fondamentaux de calcul à ceux qui veulent l'apprendre pour la première fois ou à ceux qui ont besoin de quelques révisions.

Chaque billet est consacré à un thème. Fur à mesure je remplirai cette liste :

Professeur de cours particuliers en maths


Quelques fois on me demande si je donne des cours particuliers. Je ne le fais pas, mais je peux recommander un ami et collègue d'études qui le fait. Le voici !
Titulaire d’un DEA de mathématiques de l’Université de Nice-Sophia Antipolis (mention Bien) et ancien enseignant de maths à l’Université de Rennes 2, donne des cours de soutien sur Paris aux étudiants de première et deuxième année de l’université ainsi qu’aux lycéens. — Contact : cbcheikhca@yahoo.fr

Quel est le comble du prof de maths ?


Quel est le comble du prof de maths ? — J'aurais dit : C'est de se faire piquer sa moitié par un tiers dans un car !

Mais il y a une autre réponse, tournée même en vidéo. La voici. C'est plutôt drôle, isn't it?

(Vidéo extraite de la trilogie Les combles du Rugbyman, du Prof de maths et du Chauve produite par URSA, spécialiste en isolation (thermique et acoustique) ! Ca me donne l'idée d'une troisième réponse : le comble du prof de maths c'est d'arriver à isoler.)