Math 'O Man : le Blog des Maths

Avis de recherche




Mon ami Laurent Kaczmarek souhaite recenser toutes les démonstrations du résultat suivant d'algèbre linéaire.
Un espace vectoriel de dimension finie sur un corps non-dénombrable n'est pas réunion dénombrable de sous-espaces vectoriels stricts.

Preuves dans les cas réel ou complexe acceptées (et même souhaitées !).


Partagez-le sur Facebook Tweetez-le ! S'abonner à ce blog ? Envoyer cet article à un ami ? Le soumettre à Netvibes Ajoutez-le à Google Bookmarks

Commentaires


1. Le jeudi 15 janvier 2009 à 01:56, par PB

Bonjour,
Commençons par cette preuve, en un mot : Baire.
;-)


2. Le samedi 7 février 2009 à 02:27, par Mathoman

Oui, Baire ça fonctionne. Et aussi la théorie d'intégration (ensembles de mesure nulle).

Or Baire et Lebesgue, ce sont des outils pas très élémentaires ; en plus ça ne marche que dans le cas réel ou complexe. En attendant la preuve de Laurent lui-même, voici la mienne très simple. Elle n'utilise que quelques connaissances en algèbre linéaire et en théorie des ensembles, tels qu'on l'apprend en première année d'études de mathématiques.

Notons K le corps non-dénombrable des scalaires. Nous pouvons supposer que l'espace vectoriel en question est Kn. Faisons récurrence sur la dimension n.

Les cas n=0 et n=1 sont évidents. Soit donc n plus grand que 1. Supposons par l'absurde que Kn est réunion dénombrable de sous-espaces stricts

K^n\:=\:\bigcup_{m\in\mathbb{N}}\,F_m\;.

Considérons la famille d'hyperplans

H_{\lambda} = \{ (x_1,\ldots,x_n)\in K^n \;|\; x_1+\lambda x_2=0\}\,,\;\;\;\;\lambda\in K\,.

Elle est injective et non-dénombrable. Donc il existe un scalaire \lambda_0 tel que H_{\lambda_0}\neq F_m pour tout naturel m. Par conséquent la famille

F_m\cap H_{\lambda_0}\;,\;\;\:m\in\mathbb{N}\,,

est une famille de sous-espaces vectoriels stricts de H_{\lambda_0} et son union est H_{\lambda_0}. Or c'est une contradiction à notre hypothèse de récurrence.


3. Le dimanche 8 février 2009 à 10:55, par PB

Bien vu, c'est tout simple !


4. Le dimanche 8 février 2009 à 12:07, par PB

Soit X un espace affine de dimension finie >1 sur un corps non dénombrable K.

Lemme : il y a dans X une infinité non dénombrable d'hyperplans affines.

Preuve : trivial.

Proposition : X ne peut pas être recouvert par une suite H(1),H(2),... d'hyperplans affines.

Preuve : lemme + récurrence sur la dimension de X, en considérant un hyperplan H différent de chaque H(k).

Corollaire : X ne peut pas être recouvert par une suite de sous-espaces affines propres.

Corollaire : soit E un K-espace vectoriel de dimension finie. Alors E ne peut pas être recouvert par une suite de sous-espaces vectoriels propres.

En espérant qu'il n'y a pas de bug :-)


5. Le dimanche 8 février 2009 à 19:22, par MathOMan

Pas de bug ! Du point de vue géométrique ta généralisation résume l'idée de ma preuve.

Ah, si seulement les problèmes sur ton blog étaient aussi faciles ;-) En tout cas j'ai réfléchi sur ta question, pourquoi le quotient (2n)!(2m)!/[n!m!(n+m)!] est un entier. Sachant que les coefficients binômiaux correspondent à des rangements ou tirages possibles d'objets (donc des entiers) je cherchais pour ton quotient une interprétation combinatoire en termes de rangementS ; mais je n'ai pas réussi.


6. Le mardi 10 février 2009 à 18:19, par PB

Je n'ai pas essayé cette interprétation. Ce serait bien de trouver une telle solution :)


7. Le jeudi 9 juillet 2009 à 00:35, par Laurent Kaczmarek

Voici ma solution ! Soit K un corps non-dénombrable et E un K-espace vectoriel de dimension finie. Raisonnons par l'absurde en supposant que

E=\bigcup_{m\in\mathbb{N}}F_m

avec, pour tout entier m, F_m s.e.v strict de E. Considérons une base (e_1, \ldots, e_n) de E et

f_{\lambda}=\sum_{k\,=\,1}^n\lambda^{k-1}e_k\,,\;\;\;\;\lambda\in K^*\,.

Comme K n'est pas dénombrable, il existe i\in\mathbb{N} tel que F_i contienne une infinité de vecteurs f_{\lambda}. Il existe donc en particulier n scalaires \lambda_1, \ldots, \lambda_n deux à deux distincts tels que

\forall 1\leq k\leq n,\;\;\;\;f_{\lambda_k}\in F_i\:.

Comme le déterminant de Van der Monde V(\lambda_1, \ldots, \lambda_n) est non nul on en déduit que

\forall 1\leq k\leq n,\;\;\;\;e_{k}\in F_i\:,

et donc que F_i=E, ce qui est absurde.


8. Le mercredi 4 novembre 2009 à 11:12, par fermat

en ce qui concerne la question :(2n)!(2m!)/[n!m!(n+m)!] est un entier. utiliser la notion de valuation p-adique et en particulier la formule de Legendre qui permet le calcule de Vp(n!), le resultat decoule tout seul


Ajouter un commentaire

Pourquoi ne pas lire aussi :


Dimension du commutant d'une matrice


Après le grand succès de son dernier avis de recherche en algèbre linéaire mon collègue mathématicien Laurent Kaczmarek nous propose un nouvel exercice sympa sur les matrices.

Soit A une matrice carrée d'ordre n. Montrer que son commutant (le sous-espace vectoriel des matrices qui commutent avec A) est de dimension supérieure ou égale à n.

Etudes dans les cas réel ou complexe acceptées (et même souhaitées !).

WolframAlpha : Recherche de mots et de maths à la fois


Le mathématicien Steven Wolfram, l'inventeur et créateur du logiciel Mathematica, vient de lancer son nouveau moteur de recherche WolframAlpha. Cet outil en ligne pratique et amusant pour nous mathématiciens (et autres) est bien plus qu'une simple calculatrice.

Par exemple, on peut tracer en ligne des courbes comme celle de

x^3+y^3-\sin(y^2)=1.
On peut entrer des combinaisons de mots et d'expressions mathématiques, comme par exemple
integral log(sin(x))
ce qui donne une primitive de la fonction ainsi que des graphiques à variable complexe, etc. On peut également faire une recherche avec des mots seuls comme

Weierstrass function

En somme, un nouveau site que je viens déjà de mettre dans mes favoris et que je ne tarderai pas à explorer !

Cours gratuits en vidéo


De plus en plus de sites proposent des cours en vidéo. Comme le cours suivant sur les fonctions continues, destiné aux élèves de terminale S ou ES :

Netprof.fr propose également le fichier pdf de ce cours. On peut être d'un avis partagé sur la qualité de ces cours (par exemple, dans la vidéo ci-dessus on ne distingue pas vraiment entre ce qui est définition et ce qui est proposition ou entre ce qui est démontré et ce qui est admis — le prof demande à l'élève d'apprendre par cœur que les fonctions polynômiaux sont continues, puis dans le premier exercice qui suit il en traite un cas particulier sans utiliser ce fait...), mais en tout cas c'est une très belle initiative. L'internaute pourra passer des journées entières à s'instruire sur le web.

A un niveau bien plus élévé, le site Videolectures propose des colloques filmés dans des centres de recherche et des universités, comme cet exposé de Gregory Chaitin intitulé

Un siècle de controverses sur les fondations des mathématiques

Il propose également les notes de son exposé...

Oeuf de pâques


Je viens de recevoir le message suivant :

Je suis à la recherche de ce que serait l'équation d'une ovoïde ayant pour axe de symétrie l'axe des y. J'ai bien trouvé ceci :

a(1+ky)x² + by² = 1

Mais la figure associée semble avoir l'axe des x pour axe de symétrie. De plus, j'aimerais connaître l'incidence des divers coefficients sur le tracé de la courbe.
Pouvez-vous m'aider ?
Bien cordialement, Jean-Christian Dubau

Voici quelques éléments de réponse.

  • D'abord pour changer les axes il vous suffit de changer dans votre équation les rôles de x et y. Mais votre équation est bien celle d'une courbe symétrique par rapport à l'axe des y ; en effet, l'équation reste inchangée si on remplace (x,y) par (-x,y).
     
  • Le mieux pour connaître l'incidence des coefficients a, k et b est de les essayer, par exemple en entrant 2(1+3y)x² + 4y² = 1 sur WolphramAlpha. Vous pouvez aussi utiliser le logiciel gratuit Graphmatica ; attention, avec ce logiciel il faut entrer les multiplicatio ns et les exposants sous la forme a*(1+k*y)*x^2 + b*y^2 = 1.
     
  • D'où tenez-vous cette équation ? A mon avis le terme 1+ky devrait être au numérateur, comme ceci

    ax²/(1+ky)+ by² = 1.

    Le signe de k (positif ou négatif) devrait influencer si votre œuf est large en bas ou en haut. Les valeurs positives de a et b vont faire un ovale plus haut ou plus large en général.
     
  • Je vous propose l'équation sous une autre forme, 13x²=y(y-3)(y-4). (Si vous remplacez le x² par un simple x alors vous allez comprendre pourquoi on obtient un ovale par cette équation.) Jouez sur les nombres 13, 3 et 4 pour changer la forme de la courbe. Voici ce que ça donne avec Graphmatica :

    courbe en forme d'oeuf, courbe ovale, ovoide

     
  • Vous trouverez d'autres equations ici.

Etant en voyage, je ne peux pas répondre plus longuement, mais peut-être certains de mes lecteurs pourront vous aider davantage.

Utiliser un grand canon pour un moineau


Récemment en colle d'arithmétique j'ai posé la question suivante :

Soient x, y, z trois entiers vérifiant

x^3 + y^3 = z^3\,.

Montrer qu’au moins un parmi eux est divisible par 3.

La solution que j'attendais de l'élève n'est pas compliquée (faire une preuve par l'absurde en étudiant l'équation modulo 9) mais depuis 1994 cette question classique semble devenue obsolète — enfin, je ne sais pas vraiment car je ne comprends pas la preuve du théorème de Wiles-Fermat... Qui peut donc m'éclaircir et me dire si la preuve de Wiles utilise ou non le résultat de cette innocente question de colle ?

Explication pour les non-matheux

Dans le 17ème siècle Pierre de Fermat écrivit sur la marge d'un livre que si n est un nombre entier strictement plus grand que 2 alors il n'existe pas de nombres entier non-nuls x, y, z vérifiant

x^n + y^n = z^n\,.

Il ne donna pas de preuve et écrivit seulement J’ai trouvé une merveilleuse démonstration de cette proposition, mais la marge est trop étroite pour la contenir.
Pendant 300 ans les mathématiciens ont cherché une preuve de cette conjecture de Fermat, mais en vain. C'est seulement en 1994 qu'Andrew Wiles a réussi de la prouver ! Désormais la conjecture de Fermat est devenu le théorème de Fermat-Wiles. Sa preuve utilise des techniques très avancées. On est convaincu aujourd'hui que la preuve mentionnée par Fermat, celle qui était trop longue pour la marge, était eronnée.

Si on utilise le théorème de Fermat-Wiles la question de colle devient trivial. En effet, si trois entiers vérifient l'équation, alors au moins un parmi eux est nul et donc divisible par 3.

Pour revenir à l'histoire de ce théorème : à mon avis elle est typique à plusieurs titres pour la recherche en mathématiques :

  • D'abord l'équation de Fermat est une généralisation d'une autre que tout le monde connaît, à savoir l'équation de Pythagore a²+b²=c². Il existe des entiers non-nuls qui la vérifient, par exemple 3²+4²=5² ; c'est-à-dire on peut construire un triangle rectangle de côtés entiers.
  • L'énoncé du théorème de Fermat-Wiles est tellement simple que tout collégien peut le comprendre mais sa démonstration est tellement difficile que seulement quelques spécialistes la comprennent.
  • L'énoncé n'a aucune application dans les sciences et ne possède, à ma connaissance, même pas de conséquences importantes en mathématiques. Son seul intérêt est sa beauté.
  • Des générations de mathématiciens ont cherché à prouver cette conjecture. Ils l'ont fait pour l'honneur de l'esprit humain, sans penser à des applications, mais les outils mathématiques qu'ils ont développés ont fait avancer toute la science.
  • Les ordinateurs ne peuvent jamais démontrer une telle conjecture car il faudrait tester l'équation sur une infinité de nombres ; ils peuvent seulement la rendre plausible.

Devoirs de maths faits par un élève


Récemment Mister V m'a envoyé deux vidéos de type comique réalisées par lui-même avec les moyens du bord (webcam). Ce sont des podcast traitant avec humour des différentes péripéties de chaque élève devant ses devoirs de maths au soir.

En particulier il se moque des exercices de mathématiques qui prétendent résoudre des problèmes de la vraie vie de tous les jours. Et il a raison. Je pense qu'un grand nombre de ce type de questions dans les manuel scolaires sont très artificielles. A mon avis, pour faire la propagande des maths vaut mieux poser des questions stimulantes par leur beauté abstraite et rigoureuse que faire semblant d'apporter des réponses à nos problèmes quotidiens.

Je souhaite du succès à ce jeune comédien plein de talent !

Mr V — un lycéen de Grenoble devant son devoir maison

Evaluation par QCM dans l'enseignement supérieur


Dans mon dernier billet sur l'enseignement des mathématiques je parlais du système américain et allemand des devoirs maison hébdomadaires. Je me félicite du succès de ce billet : en effet, les responsables de l'enseignement des maths en cycle préparatoire à l'école d'ingénieurs Estaca l'ont lu et ont décidé la mise en place de ce système à partir de la rentrée prochaine.

Aujourd'hui j'aimerais parler d'une autre idée pour rendre plus efficace le contrôle des acquis des étudiants : les questionnaires à choix multiples. Traditionnellement nous, les matheux, nous n'aimons pas les QCM. Nous considérons les mathématiques comme une sorte d'art où le chemin du raisonnement choisi et la grâce avec laquelle on danse sur ce chemin, c'est-à-dire le style de rédaction, sont aussi importants que le résultat à trouver. Et cela ne peut pas être évalué par un QCM. — C'est vrai. Or quand nous corrigeons les partiels en premier cycle nous faisons souvent l'expérience que très peu d'étudiants savent rédiger correctement une suite d'idées. Et la remarque suivante montre que ce phénomène perdure même dans les semestres supérieurs : L’utilisation des hypothèses données dans l’énoncé doit être signalée au moment opportun et non en vrac en début de question, afin de montrer l’articulation du raisonnement (extrait du rapport du jury de l'agrégation 2009).
Il y a donc un décalage entre nos attentes et les résultats. Et ce n'est pas étonnant car le système des TD actuel n'apprend une rédaction cohérente. Comme le professeur de TD ne peut pas contrôler l'écrit de chacun, les étudiants ne font que recopier une rédaction exemplaire au tableau — ce qui est déjà une bonne chose mais ne suffit point, ça serait comme si on voulait apprendre à jouer le violon en écoutant Gidon Kremer. On revient donc au problème déjà cité de l'efficacité des TD...

Alors à quoi bon d'évaluer les étudiants par des choses sur lesquelles ils n'ont pas eu l'occasion de s'entraîner ? J'ai donc décidé, pour ma part, de faire désormais l'évaluation en forme de QCM (dans les établissements qui n'ont pas mis en place un système de correction de devoirs maison). Mon premier tel examen 100% QCM peut être consulté ici.

Quelles sont les compétences mathématiques qu'on peut évaluer par un QCM ? A mon avis, un bon pourcentage des méthodes au programme d'un premier cycle en école d'ingénieur ou en tronc commun de L1 : dériver, intégrer, systèmes linéaires, équations différentielles linéaires, etc. D'après ce que j'ai vu c'est déjà suffisant pour trier les bons et les mauvais étudiants ;-)

Recherche de collaborateurs

Maintenant je viens avec une proposition concrète : qui a envie de participer à établir une base d'exercices en ligne en forme de QCM ? Qui est-ce qui a déjà de l'expérience en ce domaine (peut-être avec WIMS) et souhaite la partager ? L'idée serait la suivante.

  • Une grande base de questions serait disponibles en ligne pour que les étudiants puissent s'entraîner chez eux.
  • Une autre partie de questions serait reservée aux épreuves que les étudiants passent dans les salles d'ordinateur le jour de l'examen.
  • Les résultats étant calculés automatiquement il n'y aura plus de travail de correction ni erreur d'évaluation possible.
  • Une fois la base d'exercices créée et assez grande, on peut la rentabiliser et organiser des évaluations très fréquentes...
  • Les exercices ne devraient pas forcément être interactives, originales ou d'une grande valeur pédagogique en e-learning (comme souvent dans WIMS), car ils serviraient uniquement à évaluer, l'enseignement en TD restant inchangé.

Hausse hallucinante du prix de l'immobilier à Paris ?


Recemment notre ami bloggeur PB, à la recherche d'un logement pour lui est son serveur, a relevé la question sur les compétences des agences immobilières. Je pensais à lui lorsque je suis passé devant une agence immobilière située rue des Tournelles dans le 4e arrondissement de Paris. Ca doit être bien difficile de manipuler autant de zéros toute la journée ! On savait bien que le prix du mètre carré est très élévé à Paris, mais à ce point ?

prix appartement paris, immobilier vente, quel prix pour un logement à paris, le prix du metre carré
Affiche chez une agence immobilière rue des Tournelles —
Peut-être ciblent-ils des riches investisseurs étrangers...
;-)

Les mathématiques passives n'existent pas


Le grand chercheur Alain Connes (géométrie non-commutative, médaille Fields) a donné un entretien très intéressant sur sa vie, la recherche et l'enseignement des mathématiques. Des extraits de cet entretien sont disponibles en streaming sur le site internet d'Arte.

Pour les visionner cliquez ici.

Une phrase m'a particulièrement marqué :

On ne peut pas comprendre les mathématiques sans les faire.
Je suis complètement d'accord. Les mathématiques passives n'existent pas. Il est possible d'apprendre la compréhension d'une langue étrangère en regardant suffisamment la télé dans cette langue ; on peut alors atteindre un degré pour suivre plus ou moins ce qui est dit sans maîtriser activement la langue.
Mais en mathématiques cela ne marche (malheureusement) pas. L'apprenti mathématicien peut aller dans tous les cours et écouter attentivement ce que dit son professeur, mais s'il ne se confronte pas régulièrement à des exercices il sera vite perdu et ne comprendra plus rien ;-)

Le transport de meubles vu par les matheux


Il est rare qu'une simple question de la vie quotidienne devient un problème de mathématiques quasiment insurmontable... mais ça peut arriver ! Il y a une quarantaine d'années le mathématicien autrichien Leo Moser se posait, probablement lors d'un déménagement entrepris tout seul, la question suivante :

Quelle est la taille maximale d'un canapé que je dois déménager horizontalement le long d'un couloir lorsque celui-ci présente un angle doit ?

Supposons que la largeur du couloir vaut 1. Comme un demi-disque de radius 1 passe clairement par l'angle, la taille l'aire maximale est minorée par \pi/2\approx1,57. Mais évidemment on peut faire mieux. L'anglais John Michael Hammersley proposa la solution ci-dessous en forme de combiné téléphonique, sans pourtant prouver que c'est la solution maximale (et effectivement Gerver a trouvé plus tard un sofa encore plus grand). En outre il démontre que la taille maximale est majorée par 2\sqrt2\approx2,83\,.

déménager des meubles

On a donc un majorant et un minorant, mais quelle est la valeur exacte de la taille maximale ? Actuellement c'est toujours un problème ouvert. Pour monter des fonds de recherche pour bien attaquer ce problème important de mathématiques très appliquées, peut-être faudrait-il organiser une conférence inter-disciplinaire entre mathématiciens et la branche de scientifiques la plus concernée : les psycho-analystes !