Math 'O Man : le Blog des Maths

Améliorer l'éfficacité des TD maths en 1ère ou 2e année




Aujourd'hui j'ai reçu cet email d'un collègue dont je dois taire le nom car il habite dans le spectre d'un "corps" à un élément :

\begin{lamentations}
J'ai enfin découvert le chaînon manquant entre le buse et l'évier : un élève dont je dois taire le nom a réussi écrire « ln(-1) » à 4 reprises dans sa copie !
\end{lamentations}

Lorsque nous enseignants corrigeons des copies d'examen en première ou deuxième année à l'université ou dans une école d'ingénieurs, très souvent nous nous arrachons les cheveux. Nous ne comprenons pas pourquoi les étudiants n'arrivent pas à refaire des exercices semblables à ceux qu'on a traités en TD ; ou pourquoi ils n'arrivent pas à faire des raisonnements simples.

Evidemment pour une grande partie le responsable de cet échec est le système de l'enseignement secondaire et primaire qui, en cherchant la facilité du zapping sans apprentissage des connaissances fondamentales, fait que dans l'enseignement supérieur on construit sur du sable. Mais comme nous n'y pouvons rien changer, il faut chercher à améliorer le système où nous intervenons, c'est-à-dire l'enseignement supérieur, et le rendre plus efficace.

Ayant fait une partie de mes études en Allemagne je vais proposer une idée inspirée du système universitaire allemand. D'ailleurs ce système existe aussi dans les pays anglo-saxons. La photo suivante illustre la solution que je propose.

cinéman le film voir au cinéma frank dubosc
Etudiant de maths à l'université de Munich
rendant l'un de ses d.m. hebdomadaires

Devoirs maisons notés

De quoi s'agit-il ? Il s'agit de devoirs maisons qui sont à rendre chaque semaine. Vous allez répondre : Mais qui est-ce qui va corriger tout ça ? Dans un amphi il peut bien avoir 150 à 200 étudiants et souvent il y a deux ou trois amphis, ça fait donc beaucoup de copies par semaine ! Les profs aux universités allemandes passent-ils leur nuits à corriger des copies ? Dans une classe prépa française avec peu d'élèves, oui, ça peut fonctionner (et ça fonctionne avec un DM par mois environ), mais pas à l'université !
Evidemment on ne peut pas transposer le système des prépa à une système universitaire où les TD et cours sont souvent assurés par des vacataires. Car on aura du mal à recruter un vacataire qui corrige chaque semaine les devoirs maison de ses groupes de TD ; sans augmentation sensible de sa paye il ne le fera pas.

L'étudiant Korrektor ou Grader

Donc qui est-ce qui va corriger toutes ces copies pour un salaire correct ? Les universités allemandes et américaines nous donnent l'exemple, ils font de l'outsourcing, en confiant ce travail à un personnel moins qualifié et donc moins coûteux : des étudiants de 3e ou 4e année. Ces Korrektoren ou graders sélectionnés, même s'ils n'ont pas forcément le niveau nécessaire pour enseigner, sont bien capables de corriger les copies suivant les instructions et le barême imposé par le professeur responsable du cours. La rémunération est certainement plus basse que celle qu'on devrait payer à un docteur ou agrégé.

Organisation

Chaque semaine les copies sont à rendre avant une heure et un jour fixe. Le correcteur les corrige et les rend une semaine plus tard. La note des devoirs maison peut être intégrée dans la moyenne générale (avec un faible coefficient pour ne pas inciter à la tricherie). Dans l'examen final certains exercices pourraient être inspirés des DM.
Les solutions des exercices des DM sont exposées dans des séances de correction qui remplacent les actuels séances de TD. On peut rentrer dans le sens même des exercices car le temps d'assimilation de l'énoncé n'est plus pris sur le temps de la séance.
D'ailleurs on pourrait encourager le travail en groupe en autorisant de rendre une seule copie par binôme (cela diminuerait aussi le coût ce correction). Je sais de mes propres études que j'ai beaucoup appris à travailler à deux ou à trois sur un DM.

Avantages

  1. Contrôle régulier des acquis. Dans le système français actuel l'étudiant est censé de préparer son exercice à la maison avant le TD ; or dans la séance de TD ce n'est pas lui, mais le professeur ou un autre étudiant, qui expose la solution, et donc le travail de l'étudiant ne sera jamais controlé. Il n'y a simplement pas le temps pour contrôler tous. Après quelques semaines, l'étudiant cesse de préparer ses exercices ou il le fait avec une rédaction peu complète.
    Seulement des devoirs maison corrigés garantissent un travail complet et régulier.

  2. Apprentissage de la rédaction. Un débutant en mathématiques apprend à rédiger et raisonner clairement seulement si on le corrige. Quand j'étais moi-même étudiant en première année je n'aurais jamais appris à bien rédiger si je n'avais pas su que ce que j'écrivais serait lu par un correcteur.

  3. Gratification. Je dis souvent que les mathématiques sont une sorte de masturbation mentale... mais masturbation fertile ! Si on veut que les étudiants aiment les maths au moins un tout petit peu, il faut leur donner la chance de la découverte. Or dans le système actuel des TD (où on ne contrôle pas le travail de tous) l'étudiant moyen ne prépare pas ses exos. Dans la séance de TD il n'a jamais le temps de trouver le truc, il y aura toujours quelqu'un autre avant lui, le professeur ou un étudiant très fort, qui présente la solution. Cela prive l'étudiant du plaisir que peuvent donner les mathématiques car il n'est jamais récompensé par le sentiment d'avoir trouvé le truc lui-même.

  4. Augmenter l'autonomie des étudiants. De la même manière que vous ne trouvez personne qui a appris à jouer au piano en allant au concert, on peut dire que les mathematiques passives n'existent pas. Or dans une séance de TD peu de temps est laissé au travail de chaque élève. Il est évident que les DM augmentent la capacité de travail autonome. Le jour d'un examen l'étudiant se trouve seul devant sa feuille, il ne peut pas poser une question à son professeur de TD. Avec les devoirs maison il se prépare mieux à cette situation.

  5. Le labo de maths, c'est la tête. Pour des sciences expérimentales comme la physique, la chimie, la biologie, les séances de TP en laboratoire sont essentielles. En mathématiques c'est la tête qui joue le rôle de laboratoire. Et quelque fois vaut mieux que l'enseignant reste loin et laisse le temps aux expériences de fermir dans la tête de l'étudiant. C'est comme avec un élève de violon qui pratique, quelque fois vaut mieux ne pas être à côté...

  6. Approfondir les connaissances, inciter à l'esprit de recherche. Dans une séance de TD du système actuel on ne peut jamais poser de vrais problèmes intéressants qui demandent un peu de temps de refléxion. On se restreint souvent à des exercices d'application de quelques recettes et si on fait un exo plus intéressant on n'a pas le temps de laisser chercher tous les élèves. Or dans une feuille de DM on peut aussi donner quelques exercices qui demandent un peu plus de recherche.

  7. Recruter des futurs enseignants ou chercheurs. Les étudiants en 3e ou 4e année sélectionnés et payés pour être correcteurs font ainsi leurs premières expériences dans une équipe pédagogique de l'enseignement supérieur. Ce point peut enrichir leur CV. On pourrait également valoriser ce travail dans leur cursus d'études.

  8. Démystifier la réussite. Les étudiants correcteurs en 3e ou 4e année serviront de bon exemple aux étudiants de 1ère ou 2e année et montrent qu'il est bien possible de réussir.

  9. Economiser de l'argent en augmentant le niveau. Vu que les actuels séances de TD n'existeraient plus et céderaient la place à des séances de correction de d.m. on peut les faire en groupes plus grands. En plus, inutile de dépenser de l'argent dans des cours de mise à niveau que certains établissement font ; car on peut faire autant de cours de mise à niveau qu'on veut — si les étudiants ne travaillent pas chez eux, c'est du temps et de l'argent perdu.

Voilà donc mes idées d'Outre-Rhin. Ca marche très bien là-bas, je vous assure. Pourquoi ne pas l'essayer ici ?


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Commentaires


1. Le vendredi 22 janvier 2010 à 21:59, par JLT

Je vais dire en quelques mots pourquoi cette proposition ne marche pas à l'université :

1. Les étudiants de 1e et 2e année sont très faibles pour 70% d'entre eux. Ceci est dû au fait que l'on ne peut pas sélectionner à l'entrée de l'université. C'est aussi aggravé, en première année, par le fait que la première année n'est pas encore assez spécialisée. Dans l'université où j'enseigne, les matheux sont mélangés avec les informaticiens qui sont généralement plus faibles, et souvent peu motivés, en maths. Dans d'autres facs c'est encore pire (mélange de tous les étudiants en sciences, par exemple). Or, un étudiant très faible est incapable de trouver quoi que ce soit si on lui donne à chercher un D.M., il a besoin d'un "coup de pouce" de l'enseignant de TD. S'il ne trouve pas la solution du D.M., ce n'est pas parce qu'il rédige mal ni parce qu'on ne lui laisse pas assez de temps, mais parce qu'il commet des erreurs grossières ou ne comprend pas une définition de base.

2. Ceci ne veut pas dire que les D.M. sont inutiles, bien sûr, mais à mon avis ils ne sont profitables qu'aux étudiants qui ont déjà au départ assez de capacités pour aller jusqu'au bout de la licence de math. Donc on peut poser des D.M., mais ils ne doivent pas remplacer complètement les TD. Pourquoi? Sinon les plus faibles seront incapables de chercher ces exercices tout seuls, ou bien n'ont pas la motivation pour y passer le temps nécessaire (car les maths, plus on comprend, plus on aime, et plus on aime, plus on travaille, et plus on travaille, plus on comprend...). Ils vont donc très rapidement décrocher, le taux de réussite sera dramatiquement bas, et ce sera mal vu par l'AERES.

3. Dans les fac, depuis l'instauration du plan réussite en licence (euphémisme pour dire "lutte contre l'échec"), s'est mis en place un suivi régulier des étudiants : devoirs surveillés corrigés, colles... Une partie du travail est assurée par des étudiants plus avancés (par exemple de préparation au CAPES). Ca ne coûte pas très cher, mais on manque de candidats. D'abord parce que le tarif horaire est scandaleusement bas (proche du SMIC). Aussi parce que les étudiants plus avancés n'ont pas toujours un emploi du temps compatible. Et enfin parce qu'ils ne sont pas tous compétents donc il ne faut pas embaucher n'importe qui, et il faut qu'ils soient bien encadrés par l'enseignant responsable du cours.

4. Cela dit, comme souligné dans l'article, le problème le plus grave est en amont : les élèves de lycée ne font pas suffisamment de démonstrations. Arrivés à la fac, ils ont souvent une vision purement algorithmique (=recettes de cuisine) des maths, et doivent brusquement apprendre à raisonner et simultanément à comprendre des notions abstraites.


2. Le samedi 23 janvier 2010 à 12:47, par MathOMan

> Je vais dire en quelques mots pourquoi cette proposition ne marche pas à l'université

Tu veux dire à l'université française. Car ailleurs (Allemagne, pays anglo-saxons) ça marche très bien. Evidemment il faut proposer un mélange d'exercices, du plus simple au plus difficile. Pour les étudiants qui au début de l'année ne savent pas résoudre une équation de la forme ax+b=0 ou additionner deux fractions il faut poser quelques exercices dans ce genre, puis d'autres exercices destinés à ceux qui ont le véritable niveau de bac (celui qui est exigé sur le papier mais plus sur le terrain).

Peut-être il ne faut pas entièrement supprimer les TD mais introduire des DM réguliers me semblerait très profitable pour tout le monde, les bons et les faibles. En tout cas, je ne pense que des DM réguliers sont une meilleure lutte contre l'échec qu'une augmentation de l'emploi de temps par des cours de soutien, colles, etc...


3. Le samedi 23 janvier 2010 à 19:37, par JLT

Oui, bien sûr je veux dire à l'université française. J'ajoute que je connais bien le système américain pour y avoir enseigné le "calculus" pendant 3 semestres. Les "graders" doivent avoir 2 niveaux d'écart, et doivent avoir obtenu au moins un "B" au module dont ils corrigent les devoirs-maison. Les exercices sont tout à fait standard (ils ressemblent aux exemples dans un livre de référence), ce qui fait qu'il y a peu de risques que le "grader" fasse mal son travail... sauf que parfois cela arrive quand même, notamment lorsque l'étudiant utilise une méthode différente de la solution qui a été communiquée au "grader". Cependant, le système se transpose mal en France pour les raisons invoquées (manque de bons étudiants, impossibilité de donner une juste rémunération, etc.). Actuellement, je pencherais pour une solution du type :

- mettre des QCM en ligne, avec des questions de compréhension immédiate du cours, pour les plus faibles
- ouvrir des "classes d'excellence" pour les meilleurs, où on pourrait traiter des exercices plus élaborés (et où on pourrait faire des séances de correction comme indiqué dans l'article).

Les problèmes pour y parvenir sont:
- manque de main d'oeuvre. Elaborer et mettre des QCM en ligne, ou bien encadrer un étudiant avancé pour qu'il s'en charge prend du temps, et la plupart des enseignants ne sont pas disposés à faire cet effort car tout le monde a déjà beaucoup de choses à faire. Idem pour ce qui est d'encadrer les corrections de copies [tâche plus délicate en France qu'aux Etats-Unis si on veut dépasser le niveau du QCM].
- dans un contexte de réduction des effectifs d'enseignants-chercheurs à l'université, proposer une baisse des volumes horaires des TD est mal vu car si dans une discipline (disons les math) certains sont en sous-service, les départs à la retraite ne sont pas renouvelés.


4. Le jeudi 4 février 2010 à 12:34, par Fabien Besnard

Je trouve cette suggestion très intéressante, en tout cas pour ce qui concerne les écoles d'ingé post-bac. Je vois quand même un inconvénient : on n'est pas forcément très productif seul ou à deux devant un DM, et comme il faut rendre un truc propre ça prend plus de temps. Si une séance de TD de 2h peut permettre d'aborder 6 ou 7 exos, on ne peut pas raisonnablement demander à un étudiant de rédiger 6 ou 7 exos par semaine, ce serait beaucoup trop long pour lui. Donc on va se limiter à 3 ou 4, et ce sera très insuffisant pour couvrir le cours.

Mais quand même, je retiens l'idée, peut-être que je vais l'expérimenter, pour une séance de TD sur 3 ou sur 4 dans un premier temps, et recueillir les réactions des élèves. Je te tiendrai au courant.

En revanche pour la Fac, aucune solution même ingénieuse ne pourra changer quoi que ce soit au fait que la majorité des élèves sont là par défaut et n'ont aucune motivation ni goût pour des études théoriques pour lesquelles ils ne sont pas faits. (Ah oui, et JLT a raison, ils sont là aussi pour justifier l'existence des postes, problème qui commence aussi à se poser en prépa !) Donc là, je ne vois aucune solution tant qu'on ne revient pas à plus de rigueur et d'exigence, à des contenus et des horaires dignes de ce nom pour les disciplines scientifiques (et le Français !) dans l'enseignement secondaire. Mais on n'en prend malheureusement pas le chemin...


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Pourquoi ne pas lire aussi :


Evaluation par QCM dans l'enseignement supérieur


Dans mon dernier billet sur l'enseignement des mathématiques je parlais du système américain et allemand des devoirs maison hébdomadaires. Je me félicite du succès de ce billet : en effet, les responsables de l'enseignement des maths en cycle préparatoire à l'école d'ingénieurs Estaca l'ont lu et ont décidé la mise en place de ce système à partir de la rentrée prochaine.

Aujourd'hui j'aimerais parler d'une autre idée pour rendre plus efficace le contrôle des acquis des étudiants : les questionnaires à choix multiples. Traditionnellement nous, les matheux, nous n'aimons pas les QCM. Nous considérons les mathématiques comme une sorte d'art où le chemin du raisonnement choisi et la grâce avec laquelle on danse sur ce chemin, c'est-à-dire le style de rédaction, sont aussi importants que le résultat à trouver. Et cela ne peut pas être évalué par un QCM. — C'est vrai. Or quand nous corrigeons les partiels en premier cycle nous faisons souvent l'expérience que très peu d'étudiants savent rédiger correctement une suite d'idées. Et la remarque suivante montre que ce phénomène perdure même dans les semestres supérieurs : L’utilisation des hypothèses données dans l’énoncé doit être signalée au moment opportun et non en vrac en début de question, afin de montrer l’articulation du raisonnement (extrait du rapport du jury de l'agrégation 2009).
Il y a donc un décalage entre nos attentes et les résultats. Et ce n'est pas étonnant car le système des TD actuel n'apprend une rédaction cohérente. Comme le professeur de TD ne peut pas contrôler l'écrit de chacun, les étudiants ne font que recopier une rédaction exemplaire au tableau — ce qui est déjà une bonne chose mais ne suffit point, ça serait comme si on voulait apprendre à jouer le violon en écoutant Gidon Kremer. On revient donc au problème déjà cité de l'efficacité des TD...

Alors à quoi bon d'évaluer les étudiants par des choses sur lesquelles ils n'ont pas eu l'occasion de s'entraîner ? J'ai donc décidé, pour ma part, de faire désormais l'évaluation en forme de QCM (dans les établissements qui n'ont pas mis en place un système de correction de devoirs maison). Mon premier tel examen 100% QCM peut être consulté ici.

Quelles sont les compétences mathématiques qu'on peut évaluer par un QCM ? A mon avis, un bon pourcentage des méthodes au programme d'un premier cycle en école d'ingénieur ou en tronc commun de L1 : dériver, intégrer, systèmes linéaires, équations différentielles linéaires, etc. D'après ce que j'ai vu c'est déjà suffisant pour trier les bons et les mauvais étudiants ;-)

Recherche de collaborateurs

Maintenant je viens avec une proposition concrète : qui a envie de participer à établir une base d'exercices en ligne en forme de QCM ? Qui est-ce qui a déjà de l'expérience en ce domaine (peut-être avec WIMS) et souhaite la partager ? L'idée serait la suivante.

  • Une grande base de questions serait disponibles en ligne pour que les étudiants puissent s'entraîner chez eux.
  • Une autre partie de questions serait reservée aux épreuves que les étudiants passent dans les salles d'ordinateur le jour de l'examen.
  • Les résultats étant calculés automatiquement il n'y aura plus de travail de correction ni erreur d'évaluation possible.
  • Une fois la base d'exercices créée et assez grande, on peut la rentabiliser et organiser des évaluations très fréquentes...
  • Les exercices ne devraient pas forcément être interactives, originales ou d'une grande valeur pédagogique en e-learning (comme souvent dans WIMS), car ils serviraient uniquement à évaluer, l'enseignement en TD restant inchangé.

Ecole d'ingénieur cherche vacataire


Malheureusement je dois quitter mon poste de vacataire à l'Ecole Supérieure des Techniques Aéronautiques et de Construction Automobile (www.estaca.fr) à Levallois-Perret, donc cet établissment cherche un nouveau vacataire pour les TD en mathématiques : il s'agit de 144h (ou 288h) réparties entre septembre 2010 et mai 2011 sur 24 (ou 48) jours à 6h. Le programme est celui de PCSI en première année et de PC en seconde année. Les candidats peuvent contacter :
Odile TISSIER, Responsable Pédagogique en charge des Enseignements
Tel. 01 41 27 37 25, Odile.TISSIER(at)estaca.fr

Professeur de cours particuliers en maths


Quelques fois on me demande si je donne des cours particuliers. Je ne le fais pas, mais je peux recommander un ami et collègue d'études qui le fait. Le voici !
Titulaire d’un DEA de mathématiques de l’Université de Nice-Sophia Antipolis (mention Bien) et ancien enseignant de maths à l’Université de Rennes 2, donne des cours de soutien sur Paris aux étudiants de première et deuxième année de l’université ainsi qu’aux lycéens. — Contact : cbcheikhca@yahoo.fr

Dates des épreuves écrites du baccalauréat 2009


Voilà la bac 2009 arrive... Voici les dates des épreuves (sous réserve d'erreurs — ne me tenez pas responsable si vous arrivez en retard !)

Dates des épreuves de bac série S

  • Jeudi 18 juin 2009, 8h-12h : Philosophie
  • Vendredi 19 juin, 8h-11h30 : Physique-chimie
  • Vendredi 19 juin, 14h-17h30 : Sciences de la vie et de la terre ou Biologie-Écologie
  • Vendredi 19 juin, 14h-18h : Sciences de l’ingénieur
  • Lundi 22 juin, 8h-12h : Français (classe de 1ère)
  • Lundi 22 juin, 14h-17h : LV1
  • Mardi 23 juin, 8h-12h : Mathématiques
  • Mardi 23 juin, 14h-16h : LV2 étrangère ou régionale
  • Mercredi 24 juin, 8h-12h : Histoire-géographie

Le conseil de MathOMan

A partir de mardi 19 juin ne travaillez plus, fermez vos livres et rangez vos fiches de révisions. L'apprentissage en dernière minute ne sert à rien, ni en maths ni dans les autres matières ; si vous avez travaillé régulièrement pendant toute l'année vous devriez passer l'épreuve sans problème majeur — et si vous n'avez pas travaillé, alors assumez... Donc mardi, mercredi, puis les jours des épreuves, rélaxez, sortez, faites du sport pour oxygéner votre cerveau, c'est crucial pour bien réussir ; pour la même raison, si votre centre d'examen n'est pas trop loin allez-y à vélo ou à pied !

I will Survive!

Voici un petit clip musical à la Gloria Gaynor, tournée par de jeunes apprentis matheux américains. Alors apprenez bien vos dérivées pour survivre l'épreuve du bac en maths !

Sujet et corrigé du bac maths ES d'avril 2009 à Pondichéry


Il y a beaucoup de lycées français dans le monde entier mais il n'y a qu'un seul bac français. Ca demande une grande organisation (gérée par l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger title="AEFE - Agence pour l'enseignement français à l'étranger"), car les dates des épreuves varient de continent en continent. Le candidats métropolitains s'intéressent chaque année au sujets de bac posé à Pondichéry en Inde, qui est le premier centre d'examen de l'hémisphère nord à passer le bac. Cette année la date de l'épreuve de maths en Inde était le 16 avril.

Je viens de mettre en ligne le sujet de l'épreuve de mathématiques de la série ES et j'ai rédigé un corrigé.

Je trouve toujours intéressant les barèmes des QCM. Dans cette épreuve le QCM est sur 3 points, et ça se présente ainsi :

Pour chacune des quatre questions suivantes trois réponses sont proposées, une seule de ces réponses convient.
Barème : Une réponse exacte rapporte 0,75 point, une réponse inexacte enlève 0,25 point. L’absence de réponse ne rapporte ni n’enlève de point. Si le total donne un nombre négatif, la note attribuée à cette partie sera ramenée à zéro.

Forcément, si on n'attribue jamais de total négatif alors, en termes de probabilités, c'est un jeu à espérance strictement positive, c'est-à-dire un candidat mal préparé a tout intérêt à répondre au hasard plutôt que de rien répondre. En fait, faisant le calcul, on trouve qu'un candidat répondant au hasard peut s'attendre à obtenir une moyenne de \frac{43}{81}\approx 0,53 sur cet exercice à 3 points.

La seconde supplémentaire de 2008


Le IERS (International Earth Rotation & Reference Service) de l'observatoire de Paris nous apprend qu'aujourd'hui, dernier jour de l'année 2008, il faudra arrêter nos montres à 23:59:59 pendant une seconde avant de passer au nouvel an 2009.
En effet, pour différentes raisons astronomiques la terre ne tourne pas toujours avec la même vitesse autour du soleil, c'est-à-dire les années n'ont pas toujours la même durée (si on la compare avec les ultra-précises horloges atomiques) ; et cette année notre chère terre a trainé un peu sur son chemin ! Mais cela n'a rien de nouveau, c'est la 24e fois depuis 1972 qu'elle nous oblige à être indulgents et de corriger son petit retard pris au cours de l'année en lui accordant la seconde supplémentaire le dernier jour.

Donc vous avez une seconde de plus pour prendre vos bonnes résolutions pour 2009. Et n'oubliez pas de mettre à jour l'heure de votre ordinateur grâce au réglage de l'heure par internet...
Très bonne année à tous mes lecteurs !

A propos


Le nom du blog
peut faire penser à Math Ol’ Man, à mythomane, à math zéro man, à Mannomann !

Le logo du site
illustre la fameuse formule  e^{i\times\pi}+1=0  qui réunit huit symboles et nombres fondamentaux en mathématiques :

  • la relation d’égalité =
  • l’addition +
  • la multiplication \times
  • le nombre 0 (élément neutre de l’addition)
  • le nombre 1 (élément neutre de la multiplication)
  • le nombre transcendant \pi (pour calculer l'aire d’un cercle)
  • le nombre transcendant e (pour la croissance exponentielle)
  • le nombre imaginaire i (solution de l’équation x^2+1=0).

L’auteur du blog
c'est moi, , alias MathOMan.

J'ai appris les mathématiques en Allemagne (Munich et Bonn) et en France (Nice et Paris) pour terminer mes études avec une thèse de doctorat (directeur de thèse : Frédéric Pham, rapporteur : Mikhaïl Zaidenberg, rapporteur et président du jury : Pierre Cartier).

En 2002 j'ai passé l'agrégation (r.83). Après sept ans comme titulaire dans divers établissements de l'Education Nationale j'assure actuellement, en tant qu'enseignant-freelance, des cours, TD et heures d'interrogation en maths ou informatique dans des écoles d'ingénieurs (ESTACA, ESILV, ISEP) et classes prépa parisiennes. Si vous avez du travail (hors enseignement dans le secondaire et cours particuliers) à me proposer n'hésitez pas à me contacter.

Avec d'autres auteurs j'ai écrit le livre Mathématiques L1 (publié chez Pearson Education) destiné aux étudiants en première année d'université ou classe prépa. (Lisez ici un chapitre extrait de ce manuel.)

Septembre 2008 a vu la naissance de ce blog éclectique sur divers sujets liés aux maths qui me passent par la tête. Pour des questions ou suggestions je vous prie de me contacter via ce formulaire.

Sujets et corrigés de bac


Voici quelques sujets et corrigés de baccalauréat classés selon l’année et la série. Cette liste grandira avec le temps, donc n’hésitez pas à revenir pour la consulter. Sur la page “préparer son bac” vous trouverez quelques suggestions pour mieux réussir.

Annales bac mathématiques & corrections

Avril 2009 Pondichéry Série ES Sujet du bac ES mathématiques Corrigé
Juin 2008 France Série S Sujet du bac S mathématiques Corrigé
Juin 2008 Asie Série S Sujet du bac S mathématiques Corrigé
Juin 2006 France Série L Sujet du bac L mathématiques-informatique Corrigé

Si vous constatez une erreur, contactez-moi via le formulaire ci-dessous !

Hand waving et dessins en mathématiques


Les chercheurs en mathématiques appellent hand waving une manière d'expliquer une idée oralement et avec les mains, sans faire appel à un formalisme poussé. Dans certaines situations, cette démarche est justifiée et peut être très efficace.

Si on veut être méchant on pourrait dire que, pour expliquer sa nouvelle découverte un mathématicien a besoin de
  • ses mains et 15 minutes s'il s'adresse à un collègue dans la cafétéria de son centre de recherche,
  • cinq transparents et 60 minutes s'il l'expose dans un séminaire,
  • vingt pages qui demandent trois jours de lecture, s'il la publie dans une revue scientifique.
Le problème est que les mathématiques demandent la précision totale, et celle-ci nécessite un formalisme exacte et sans ambiguïté. Oralement, en faisant des dessins avec les mains dans l'air ou sur un brouillon, on peut toujours guider son interlocuteur et l'empêcher de mal comprendre. Mais ce n'est pas le cas en communication écrite où l'auteur est obligé de traduire ses idées en un formalisme que le lecteur devra ensuite retraduire en idées!
Beaucoup d'énergie est perdue dans ces efforts de traduction et re-traduction. Pour minimiser ces efforts le lecteur doit s'entraîner à maîtriser le formalisme et l'auteur, de son côté, doit inventer un formalisme facile à lire et avec des notations intuitives --- et, si possible, ajouter des dessins à son texte!

Malheureusement, dans beaucoup de manuels universitaires, il n'y a pas assez de dessins. Peut-être c'est dû à la paresse des auteurs qui rédigent en LaTeX où il est beaucoup plus rapide d'écrire cinq lignes de formules que de faire un dessin avec PSTricks...

Moi, personnellement, lorsque j'étais étudiant j'adorais les livres de Klaus Jänich, parus dans la série Undergraduate Texts in Mathematics chez Springer, très bien écrits et agrementés de nombreux dessins; en particulier son livre sur la topologie et son livre sur les fonctions holomorphes m'ont beaucoup aidé.
C'est cette démarche, avec beaucoup d'illustrations, que nous avons adoptée pour la rédaction de notre livre Mathématiques L1 pour la première année en université ou en classe prépa.

Carte d'anniversaire mathématique


C'est le moment de transmettre à mon père mes vœux d'anniversaire en forme d'une petite devinette.

Aujourd'hui, dimanche 5 juillet 2009, mon père fête son anniversaire. Il est né un dimanche dans une année bissextile. Quel âge a-t-il aujourd'hui ?

Pour résoudre cet exercice je conseille d'effectuer les calculs dans des groupes cycliques. En plus on peut utiliser le fait que j'ai plus de vingt-trois ans, que mon père aussi avait plus de vingt-trois ans lorsqu'il a pris la responsabilité de devenir mon père et, enfin, qu'il n'est pas centenaire...

En tout cas je te souhaite une bonne fête d'anniversaire, papa !