Ceci n'est pas pipé
Par Mathoman, lundi 5 avril 2010 à 19:31 - Exo, enigme, casse-tête - Tags
En probabilités on dit qu'un dé est pipé
si les chances de ses six faces ne sont pas les mêmes. Dans le cas habituel, celui d'un dé non-pipé (ou dé parfait), la probabilité pour chaque face est 1/6 et on parle de variable aléatoire équirépartie
.
Si on lance deux dés habituels et si on prend la somme des deux résultats on obtient un nombre entre 2 et 12. Ce qui étonne alors souvent le débutant c'est que la probabilité de cette somme n'est pas équirépartie ; par exemple, obtenir un 11 est moins probable qu'obtenir un 10. La raison pour cela est qu'on retrouve le 10 avec (4,6) ou (6,4) ou (5,5) tandis que pour le 11 on a seulement les deux possibilités (5,6) ou (6,5).
Question (existence d'un jeu de deux dés pipés) :
Peut-on piper un couple de dés de sorte que le jeu qui consiste à prendre la somme des deux dés lancés donne une loi aléatoire équirépartie ?
La devinette des fourmis sur la tige
Par Mathoman, vendredi 19 décembre 2008 à 17:16 - Exo, enigme, casse-tête - Tags
Il y a dix ans, pour sortir un peu des maths pûres, je travaillais pendant quelques semaines dans la forêt guyanaise sur le tournage d'un film documentaire scientifique sur les fourmis. Le monde des insectes sociaux (fourmis, abeilles, guêpes, termites) est fascinant, pas seulement du point de vue de la biologie, mais aussi du point de vue mathématique. A part les questions de génétique (forcément liées à la combinatoire et aux probabilités), il y a aussi beaucoup de théorie de jeux dans le comportment de ces "automates vivants", ainsi que de la théorie des graphes et même des algorithmes de fourmis.
A tous ceux qui veulent en savoir davantage je recommande vivement (comme cadeau de Noël?) le livre de vulgarisation scientifique Voyage chez fourmis de Bert Hölldobler et Edward O. Wilson ainsi que Le gène égoïste de Richard Dawkins.
Lors du tournage du film j'avais le temps d'observer un peu les fourmis et de calculer certaines distances qu'elles parcourent périodiquement. Voici un joli petit problème sur les fourmis.Devinette
Une colonie de 101 fourmis se trouve sur une fine tige de longueur 100cm. Chaque fourmi se déplace à la vitesse de 1cm par seconde dans un sens fixe, mais si deux fourmis se rencontrent elles changent de sens. Lorsqu'une fourmi arrive à l'un des deux bouts de la tige elle tombe.

Est-ce que toute la colonie va disparaître de la tige? Si oui, après combien de temps?
Réponse
A vous de chercher! Je la divulguerai prochainement...
En attendant, je vous invite à regarder un petit film amusant en Super8 que j'ai réalisé après le dernier jour du tournage officiel et auquel les auteurs du film sur les fourmis ont gracieusement participé en tant qu'acteurs.
Pourquoi ne pas lire aussi :
Quelques jeux de mots
Par Mathoman - Tags
Notre ami bloggeur PB a raison de se plaindre sur le niveau d'orthographe des bacheliers qui sortent des lycées de nos jours. Je trouve très souvent dans leurs rédactions en colles des choses comme ce therme en x² est...
Le traitement de l'h par les jeunes est vraiment stupéfiant !
L’Arithmétique, c’est comme l’amour : ça commence par un Bezout et ça finit par un Gauss...
Tout bon matheux aime changer les maths !
- Quel célèbre personnage se cache derrière ln(3) ?
- exp et log font un concours de peinture. Qui gagne ?
- exp et ln vont au restaurant. Qui paye l’addition ?
- Monsieur Dehun et Madame Egalzéro ont une fille, comment l’appellent-ils ?
A la recherche des mathématiques perdues
Par Mathoman - Tags
Quand les maths influencent la litérature française
Un amour de Swann, le deuxième livre autonome de la trilogie Du côté de chez Swann de Marcel Proust, est paru en 1913. A cette époque la théorie des ensembles et la théorie des groupes venaient d'être inventées
et connaissaient un grand essor.
Je m'imagine bien l'écrivain Proust lors d'une réception un dimanche après-midi chez un représentant de la nomenklatura scientifique parisienne, disons chez le grand mathématicien Henri Poincaré ; on y joue des arrangements pour violon et piano des opéras de Wagner, on parle de poésie ou d'art chinois. Proust, le snob, s'isole dans le salon à côté et trouve sur la table une revue scientifique avec la dernière publication de son hôte. Il l'ouvre sur la première page, commence à lire et n'y comprend pas grand'chose mais les mots et formulations lui plaisent...
Bon, vous direz que j'ai trop d'imagination ! Alors jugez par vous-même... voici la phrase avec laquelle commence Un amour de Swann :
Pour faire partie du « petit noyau », du « petit groupe », du « petit clan » des Verdurin, une condition était suffisante mais elle était nécessaire [...]
Un exercice théorique sur les groupes
Par Mathoman - Tags
La théorie des groupes semble contenir une infinité de questions de colle qui ont l'apparence élémentaires mais qui sont en fait plutôt difficiles. En voici une que vient de m'envoyer un ami:
Soient G un groupe fini d’ordre n et f :G →G un automorphisme de G. On note

et l’on suppose que le cardinal de E est minoré par n/2. Prouver que f est une involution.
Qui peut m'expliquer ce jeu?
Par Mathoman - Tags
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Pièces en cube |
Pièces du jeu décomposées |
Le problème c'est que ce jeu est vendu sans règles écrites et que le jour de mon anniversaire, elle avait déjà oublié les explications du vendeur. Et comme ça ne s'est pas passé dans un magasin mais dans un marché de Noël, impossible de le retrouver... Alors que faut-il faire avec ces pièces en bois? Si quelqu'un le sait, s'il vous plaît, manifestez-vous!
UVSQ - 2011/2012
Par Mathoman - Tags
Sur cette page des remarques et documents destinés aux étudiants qui suivent mes cours et TD à l'UVSQ en 2011/2012.
Probabilités L2 éco
- Polycopié Cours, exercices & corrigés (mise à jour le 05/02/2012)
Il est possible que vous devez ré-actualiser la page (touche F5).
- Exos à préparer pour la séance TD du 15 février : 3.4, 3.6, 3.7, 3.10, 3.12
- Contrôle continu 1 : 22 février 2012 dans votre groupe de TD (carte d'étudiant)
Le programme inclut la séance TD du 15 février
- Contrôle continu 2 : 28 mars 2012 de 18h30 à 20h dans l'amphi 1 (carte d'étudiant)
Le programme inclut la séance TD du 21 mars
- Toute absence non-justifiée par un certificat médical donne lieu à la note 0.
Note globale = (moyenne des notes de CC + note de partiel) / 2
La note globale doit être au moins 10 pour que la matière soit validée.
En session 2, la moyenne des notes de CC intervient seulement si elle est supérieure à la note du partiel session 2.
Préparation Capes exercices corrigés
Théorie des groupes L2 chimie
- TD no.1 Enoncé des exercices
- Patrons des solides de Platon Réalisation: Carole Le Bellier
Quelques blagues pour matheux
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Ajourd'hui quelques lignes pour illustrer que le cerveau n'est pas le seul organe actif des matheux...
Comment "le font"-ils ?- Les topologistes le font discrètement.
- Les topologistes le font de manière ouverte.
- Les topologistes le font avec du caoutchouc.
- Les couples de topologistes le font en se rendant connexes.
- (les logiciens le font) ou NON (les logiciens le font).
- Les algébristes le font en groupe ou en anneau.
- Les algébristes le font avec leur corps.
- Les algébristes le font associativement.
- Les algébristes le font en s'inversant.
- Les algébristes le font en se multipliant.
- Les analystes le font continûment.
- Les analystes le font sur un support compact.
- Les experts en théorie de la mesure le font presque partout.
- Les experts en équations différentielles le font suivant les conditions initiales.
- Les experts en théorie des ensembles le font avec application.
- Les experts en combinatoire le font de toutes les manières possibles.
- Les mathématiciens le font une infinité de fois s'il peuvent le faire une fois et ensuite une fois de plus.
- Cantor le faisait en diagonale.
- Fermat essayait de le faire dans la marge mais n'avait pas assez de place.
- Galois l'a fait la nuit juste avant.
- Möbius le faisait toujours du même côté.
- Klein l'avait simultanément dedans et dehors.
- Cauchy le faisait avec un ami (Schwarz, Lipschitz, Riemann).
- Markov le faisait à la chaîne.
- Archimède le faisait dans sa baignoire.
- Newton tomba dans les pommes.
- Bourbaki le faisait dans un cas particulier du théorème 10.2.5 en utilisant subtilement le lemme 7.3.2.
Deux contrepèteries
- Nul n'est jamais assez fort pour ce calcul !
- Mon prof de maths a montré Bézout.
Une réciproque
The duchess: "Excuse me that I am late, but I was so fucking busy and vice versa."
Recommandation bibilographique : Ces blagues m'ont été envoyées par email au fil des années. Mais il existe même des livres sur ce sujet. Le lecteur qui souhaite s'y approfondir se plonger avec profit dans l'ouvrage de référence Je fais des maths comme un(e) cochon(ne) de Gérard-Olivier Maitry publié en 2008.
Humour et calembours
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Pour finir la semaine avec un peu d'humour voici quelques jeux de mots.
Tout ce qui est hideux est négatif.
Et le désir s'accroît quand l'effet se recule.
En effet, si on fait fi de x, on n’en fait pas grand cas...
Voici un drôle de sketch extrait d'une série norvégienne d'il y a quelques années. Il s'agit d'une sorte de Tech Support médieval, juste au moment de l'apparition d'un tout nouveau moyen de stockage d'information : le livre.
La remarque que fait le moine à son consultant IT du helpdesk est d'ailleurs très typique pour de telles périodes de transition : le système précédent, les rouleaux, seraient plus pratiques que les livres, ils n'y avait pas toutes ces pages à tourner...
Entraîner sa vue géométrique
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On peut y entraîner sa vision approximative en géométrie plane. Les huit épreuves proposées sont les suivantes.
- Ajuster un sommet pour obtenir un parallelogramme,
- trouver le milieu entre deux points,
- trouver la bissectrice d'un angle,
- placer le centre d'un triangle (centre du cercle inscrit, l'intersection des bissectrices),
- trouver le centre d'un cercle,
- former un angle droit,
- placer l'intersection de trois droites concourantes.
Le score est mesuré en écarts (pixels) entre votre résultat et le vrai donc plus bas mieux c'est. Mon score total des trois tours était de 5,05 (ma meilleure réponse était de 0,2). C'est un résultat très moyen... pas terrible pour un mathématicien! Ma seule excuse: je suis myope et astighmate ;-)
Concevoir la notion d'application
Par Mathoman - Tags
Je me rappelle qu'au début de mes études de mathématiques, parfois une simple question de formalisme pouvait me poser des problèmes. Par exemple, j'avais du mal à jongler entre différents points de vue d'une notion a priori simple comme celle d'application. Voici quelques lignes qui pourraient sembler bêtes aux initiés, mais comme les livres expliquent rarement ce genre de choses en détail elles peuvent être utiles à ceux qui y sont confrontés pour la première fois et notamment aux élèves et étudiants d'aujourd'hui qui, lors de leur parcours scolaire, ne rencontrent plus assez de théorie des ensembles.
Considérons une application (synonyme de fonction) d'un ensemble X dans un ensemble Y.

(Désolé, la deuxième flèche devrait commencer par un pied mais mon plug-in LaTeX ne le permet pas.)
Si vous venez de passer le bac, vous avez déjà une notion intuitive de ce que c'est une application. Mais les mathématiciens possèdent plusieurs autres points de vue pour concevoir cet objet et chacun a sa raison d'être.- Point de vue
y en fonction de x
.
C'est le point de vue habituellement enseigné au collège et au lycée. On conçoit x comme variable et y comme l'image qui change en fonction de x.
Le schéma mental est le suivant.
L'ensemble de départ X est représenté horizontalement, l'ensemble d'arrivée Y est représenté verticalement. La donnée de l'application f revient à la donnée de son graphe
constitué des couples (x,f(x)), où x parcourt X.
En disantx parcourt X
, on adopte donc bien l'idée que la variable est x.
- Point de vue
collection d'éléments de Y
.
On peut aussi écrire l'application f en forme de famille
. On oublie donc de spécifier l'ensemble d'arrivée Y.
En général, une famille
dans Y n'est rien d'autre qu'une application

où l'ensemble de départ J est appellé l'ensemble d'indices ; très souvent il n'a pas d'importance et peut être remplacé par un autre ensemble de même cardinal. Ce qui compte dans ce point de vue c'est simplement la collection des images de l'application.
Dans certaines situations un bon choix de l'ensemble d'indices peut raccourcir les écritures. Par exemple, si
est une base d'un K-espace vectoriel E, alors tout vecteur v de E se décompose comme combinaison linéaire
où
est une famille de scalaires presque tous nuls (c'est-à-dire l'application
est nulle sauf en un nombre fini de points ; cela est nécessaire pour pouvoir prendre la somme). Mais si on conçoit la base non comme une famille de vecteurs mais comme un sous-ensemble B de l'espace E, alors on peut la prendre elle-même comme ensemble d'indices et écrire simplement

- Point de vue
les fibres en fonction de y
.
Pour chaque y dans Y on appelle fibre de f en y (ou ensemble de niveau y) l'ensemble de tous les antécédents de y, noté

Connaître une application revient à connaître la collection de ses fibres. C'est donc y qu'on considére comme variable. On s'aide du schéma mental suivant.

L'espace de départ estprojeté
sur l'espace d'arrivée. L'application est injective (resp. surjective resp. bijective) si et seulement si chaque fibre possède au plus (resp. au moins resp. précisément) un élément.
L'ensemble des fibres non-vides d'une application est une partition de l'ensemble de départ et a le même cardinal que l'image de l'application.
Factorisation canonique
Nous nous proposons de montrer que toute application est la composée d'une surjection, d'une bijection et d'une injection. Soit donc f une application de X vers Y. On considère son image

et
sont en bijection. Plus précisément il existe une surjection
, une bijection
et une injection
tel que le diagramme suivant commute.

la projection canonique sur le quotient X/~, c'est-à-dire l'application qui à chaque x dans X associe la fibre de f en f(x) ; puis pour j l'injection naturelle, et enfin pour
l'application qui envoie une fibre sur l'unique élément dans Y qui est son image par f. Il est alors évident que f est la composée
.
Un avant-goût de la suite
Concevoir une application comme la collection de ses fibres est très fréquent en topologie, géométrie algébriques et théorie des singularités. On fait varier un point dans l'espace d'arrivée pour observer, dans l'espace de départ, la manière dont varie la fibre au-dessus de ce point. Un exemple très basique est l'application
où a,b,c sont des réels fixés non tous nuls. La collection des fibres est constituée de plans parallèles. Il s'agit donc d'un feuilletage de l'espace
par plans (comme un feuilleté). Les fibres se ressemblent toutes ; on a même ce qu'on appelle une fibration globalement triviale.Plus généralement, si f est une fonction différentiable et si on fait varier le point dans l'espace d'arrivée sans toucher les valeurs critiques, alors localement les fibres se ressemblent toutes (fibration localement triviale). En revanche, si on passe par une valeur critique alors la nature des fibres peut changer. Par exemple si on traverse la valeur critique 0 de l'application

dans le sens décroissant, alors la fibre est d'abord un cercle, puis dégénère en un point et, enfin, devient vide une catastrophe a lieu au sens de la théorie des catastrophes de René Thom.
Tout ça devient plus intéressant dans le complexe. Les fibres de

sont des surfaces réelles (courbes complexes ou surfaces de Riemann). Et au lieu de traverser la valeur critique 0, on peut la contourner avec un petit lacet dans le plan complexe et observer la déformation de cette surface le long du lacet. Evidemment à la fin on retrouve la même surface qu'au début du lacet, mais lors du trajet certaines caractéristiques se sont déplacés continûment et ont échangés leurs places... (monodromie).
Blagues ingénieur vs. physicien vs. mathématicien
Par Mathoman - Tags
Aujourd'hui quelques lignes pour vous faire rire...
On demande à plusieurs scientifiques : "Combien vaut pi ?"
L'ingénieur répond : "C'est approximativement 3 et 1/7."
Le physicien dit : "C'est 3,14159"
Le mathématicien réfléchit un instant et répond : "C'est égal à pi".
Un mathématicien et un ingénieur assistent à la conférence d'un éminent
physicien concernant les théories de Kaluza-Klein sur les processus physiques
intervenant dans les espaces de dimension 9.
Le mathématicien est assis et apprécie beaucoup la conférence, pendant que
l'ingénieur fronce les sourcils et semble complètement embrouillé.
A la fin, le mathématicien et l'ingénieur, qui a un énorme mal de crâne,
commentent la conférence.
L'ingénieur : "Comment fais-tu pour comprendre tout cela ?"
Le mathématicien : "Il suffit de visualiser le processus."
L'ingénieur : "Mais comment peux-tu visualiser un processus intervenant
dans un espace de dimension 9 ???"
Le mathématicien : "C'est simple. D'abord tu visualises le processus en
dimension n, et ensuite il suffit de prendre n=9."
Un biologiste, un physicien et un mathématicien sont assis à la terrasse
d'un café et regardent les passants.
De l'autre côté de la rue, ils voient un homme et une femme entrer dans un
immeuble. 10 minutes plus tard, ils ressortent avec une troisième personne.
Ils se sont multipliés, dit le biologiste.
Oh non, une erreur de mesure, s'écrie le physicien.
S'il rentre exactement une personne dans l'immeuble, il sera de nouveau
vide, conclut le mathématicien.
Un mathématicien, un physicien et un ingénieur voyagent à travers l'Ecosse
et voient un mouton noir par la fenêtre du train.
"Aha," dit l'ingénieur, "je vois que les moutons écossais sont noirs."
"Hmm," dit le physicien, "tu veux dire que certains moutons écossais sont
noirs."
"Non," dit le mathématicien, "tout ce qu'on sait est qu'il y a au moins un
mouton en Ecosse, et qu'au moins un côté de ce mouton est noir !"



