Se repérer dans le désert
Par Mathoman, mardi 18 novembre 2008 à 00:32 - Exo, enigme, casse-tête - Tags
Un joli exercice de géométrie
Voici le dessin d'une route. Elle passe tout droit en plein désert, on la voit disparaître à l'horizon.Au bord de la route il y a des poteaux, tous les quinze mètres. Le dessinateur n'en a représenté que les deux premiers.

Question: Comment peut-on trouver, par construction sur ce dessin, les emplacements des poteaux suivants?
Réponse: Cliquez ici pour la solution.
Remarque: Peut-être plus de bacheliers L que de bacheliers S savent résoudre cet exercice!
Pourquoi ne pas lire aussi :
Une génération dyslexique en math
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Je me rappelle qu'une fois, en plein concert à la Philharmonie de Munich, le pianiste Alfred Brendel interrompit son jeu pour adresser les paroles suivantes à un public qui toussait trop : "Die Grundlage der Musik ist die Stille." Traduction : la base de la musique c'est le silence.
J'aimerais adapter cette phrase aux mathématiques : "La base des mathématiques c'est le calcul". Et je pense au calcul le plus simple tel qu'il devrait être maîtrisé par tous les citoyens d'un pays moderne (à l'exception de quelques rares personnes souffrant d'une sorte de dyslexie des nombres) : addition, soustraction, multiplication et division. Si les élèves ne savent plus calculer, le professeur devrait arrêter son cours, comme Alfred Brendel, et le reprendre plus tard...
Autrefois, grâce à la scolarisation, le savoir progressait d'une génération à l'autre
Dans cet extrait de film de 1951 un représentant essaie en vain de dissuader Ma and Pa Kettle que 25 divisé par 5 donne 14.
Aujourd'hui c'est le récul: beaucoup de bachéliers ne savent plus calculer
Lorsque j'enseignais en deux classes de terminale ES dans un lycée en région parisienne, j'étais confronté à un problème majeur : le programme du baccalauréat porte sur les dérivées et les intégrales, les logarithmes et les exponentielles. Or la majorité de ces élèves en terminale ne connaissait pas les règles élémentaires de calcul, beaucoup confondaient l'addition avec la multiplication et la soustraction avec la division. Voici un florilège extraits de quelques copies de bacs blancs :




Tout ça pourrait faire rire si ce n'étaient que quelques cas isolés. Mais ce type d'erreurs n'est plus exceptionnel, il est devenu la règle (voir mes statistiques).
Le roi est nuCertains diront que tout cela n'a pas d'importance car les mathématiques n'interviennent que peu dans notre vie quotidienne et que d'autres facilités sont plus déterminantes pour bien réussir dans la vie. Peut-être. Je serais le dernier à exiger que tous mes co-citoyens connaissent les logarithmes et les intégrales. Mais ce qui me gêne beaucoup c'est que le calcul élémentaire n'est pas acquis et qu'en même temps on habitue les élèves à utiliser un langage de bois mathématique qui prétend qu'il y a une compréhension des objets impliqués tandis qu'au fond rien n'est compris. Sous un splendide manteau de termes savants (intégrales, limites, théorème des valeurs intermédiaires, etc.), le roi est nu ! C'est presque une deuxième affaire des Impostures intellectuelles à la Sokal-Bricmont. Soit on fait les choses correctement dès le départ, soit on ne les fait pas. Evidemment il est impossible, en dernière année de lycée, de rattraper avec des cours de soutien toutes ces bases manquées.
Ci-dessous un dernier exemple qui me rend heureux et triste à la fois triste car cet élève ne maîtrise pas du tout le programme du collège (règles de calcul avec les fractions), et heureux car il a appris ce que je lui enseignais en terminale (règles de dérivation). Mais en fin de compte, quelle est la valeur de ses connaissances en calcul différentiel si après il ne sait pas simplifier correctement la fraction ?
La question était de dériver la fonction 

Une statistique sur les acquis d'élèves en terminale
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En complément de mon billet sur une génération dyslexique en maths voici quelques statistiques. Une analyse avec des idées sur ce qu'on peut encore sauver et sur les conséquences dans l'enseignement supérieur sera donné dans un billet ultérieur. En attendant j'invite mes lecteurs à lire l'article concernant la baisse de niveau sur le blog Mathéphysique.
L'échantillon est constitué des 54 élèves de deux classes de terminale ES d'un même lycée en 2007/2008. Les questions portent sur le calcul élémentaire et ont été posées dans un devoir sur table. L'utilisation de la calculatrice était permise.
Le taux de réussite au bac de ces deux classes était de 55% environ. Si on extrapole avec le taux de réussite au premier exercice ci-dessous, cela signifie qu'au moins 40% des 54 candidats ont obtenu le bac sans savoir interpréter correctement un prix tel qu'il est affiché dans un supermarché.
En publiant ces exemples anonymes, je ne veux pas me moquer des élèves. Nous avons tous fait des erreurs lorsque nous étions élèves, et continuons à en faire nobody is perfect! Le problème réside dans la fréquence des erreurs (faire des erreurs doit rester l'exception et ne pas devenir la règle) et le type des erreurs (ce ne sont pas de simples erreurs de concentration).
CALCUL D'UN PRIX 8 élèves ont réussi, taux de réussite: 15%




CALCUL DE POURCENTAGE 24 élèves ont réussi, taux de réussite: 44%




TROUVER UNE EQUATION DE DROITE 11 élèves ont réussi, taux de réussite: 20%



EQUATION DE PREMIER DEGRE 5 élèves ont réussi, taux de réussite: 9%



SIMPLIFIER UNE FRACTION 2 élèves ont réussi, taux de réussite: négligeable



Autres exemples
- calcul de prix
- calcul de prix
- calcul de prix
- simplification d'une fraction
- simplification d'une fraction
- simplification d'une fraction
- simplification d'une fraction
Remarque:
Les questions étaient regroupées comme premier exercice d'un DST. La barême était indiqué et assurait 1 point par question (sur 20 points dans le devoir complet). Dans "taux de réussite" on a compté les bonnes réponses; l'absence de réponse comptait comme une fausse réponse.
A propos
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Le nom du site
peut faire penser à Math Ol’ Man, à mythomane, à math zéro man, à Mannomann!
Le logo du site
illustre la fameuse formule
qui réunit huit symboles et nombres fondamentaux en mathématiques:
- la relation d’égalité =
- l’addition +
- la multiplication

- le nombre 0 (élément neutre de l’addition)
- le nombre 1 (élément neutre de la multiplication)
- le nombre transcendant
(pour calculer l'aire d’un cercle) - le nombre transcendant e (pour la croissance exponentielle)
- le nombre imaginaire i (solution de l’équation
).
L’auteur du site
est
, qui a étudié les mathématiques à Munich, Nice, Bonn et Paris (directeur de thèse de doctorat: Frédéric Pham, rapporteur: Mikhaïl Zaidenberg, rapporteur et président du jury: Pierre Cartier).
Colles MPSI 2008/2009
Par Mathoman - Tags
Ci-dessous les questions avec corrigés pour mes élèves en colles de mathématiques en classe préparatoire MPSI du Lycée Fénelon Sainte-Marie à Paris. Si vous y trouvez des erreurs ou si vous avez des améliorations à proposer n’hésitez pas à me laisser un commentaire !
Khôlles prépa math sup avec corrigés :
- Logique. Exponentielle et logarithme
- Plan complexe. Fonctions hyperboliques et réciproques
- Equations différentielles linéaires
- Géométrie élémentaire dans le plan et dans l’espace
- Courbes planes
- Coniques
- Applications. Théorie des ensembles
- Relations
- Ensembles. Dénombrements
- Groupes
- Groupes, anneaux, corps
Déroulement des colles et conseils pour les élèves en math sup :
- Il est indispensable d’avoir appris son cours.
- Chaque élève prépare pendant une demi-heure son exercice sur feuille. Pendant ce temps je vous guide si votre chemin ne semble pas aboutir.
- Puis vous avez dix minutes pour exposer, devant les autres élèves et moi, votre solution au tableau. N’y recopiez pas l’énoncé, on n’a pas le temps pour ça.
- Expliquez clairement l’idée de la preuve. Souvent il y a un point pivot dans une démonstration.
- Si je vous pose une question, ne répondez pas toute de suite au hasard ou par intuition, mais réfléchissez d’abord! Dans un examen oral personne ne vous demande de donner une réponse immédiatement. En revanche, on exige une réponse fondée. Et si vous n’en avez pas, avouez-le — le pire c’est de laisser à un jury d’examen oral l’impression que vous bluffez ou que vous jouez au loto…
- Quelques exercices sont en anglais ou en allemand. Cette idée d’initiation à l’expression scientifique en une langue étrangère m’est venue lorsqu’une fois un excellent élève en math sup souhaitait apprendre des choses sur les formes différentielles et le théorème de Stokes. Alors je lui ai prêté mon exemplaire de l’excellent livre Mathematical Methods of Classical Mechanics de Vladimir I. Arnol’d. Or il me l’a rendu le lendemain car “lire les maths en anglais serait trop fatiguant”! Or rien n’est plus simple à lire dans une langue étrangère que les maths — il faut seulement s’entrainer un peu… et c’est le but de ces questions. Vous pouvez néanmoins rédiger vos solutions en français.
Hand waving et dessins en mathématiques
Par Mathoman - Tags
Si on veut être méchant on pourrait dire que, pour expliquer sa nouvelle découverte un mathématicien a besoin de
- ses mains et 15 minutes s'il s'adresse à un collègue dans la cafétéria de son centre de recherche,
- cinq transparents et 60 minutes s'il l'expose dans un séminaire,
- vingt pages qui demandent trois jours de lecture, s'il la publie dans une revue scientifique.
Beaucoup d'énergie est perdue dans ces efforts de traduction et re-traduction. Pour minimiser ces efforts le lecteur doit s'entraîner à maîtriser le formalisme et l'auteur, de son côté, doit inventer un formalisme facile à lire et avec des notations intuitives --- et, si possible, ajouter des dessins à son texte!
Malheureusement, dans beaucoup de manuels universitaires, il n'y a pas assez de dessins. Peut-être c'est dû à la paresse des auteurs qui rédigent en LaTeX où il est beaucoup plus rapide d'écrire cinq lignes de formules que de faire un dessin avec PSTricks...
Moi, personnellement, lorsque j'étais étudiant j'adorais les livres de Klaus Jänich, parus dans la série Undergraduate Texts in Mathematics chez Springer, très bien écrits et agrementés de nombreux dessins; en particulier son livre sur la topologie et son livre sur les fonctions holomorphes m'ont beaucoup aidé.
C'est cette démarche, avec beaucoup d'illustrations, que nous avons adoptée pour la rédaction de notre livre Mathématiques L1 pour la première année en université ou en classe prépa.
